Compléments alimentaires anti-âge

Combler ses manques avant-tout

complements alimentaires
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Y a t’il vraiment des compléments alimentaires anti-âge ? Disons qu’il existe beaucoup de substances classées comme « alimentaires » par la législation (et donc pas comme médicaments) capables de réguler ou d’améliorer certaines fonctions défaillantes avec l’âge.

D’autre part, il est généralement constaté que notre alimentation moderne favorise certaines carences en nutriments essentiels qui ont tendance à s’accentuer en vieillissement pour diverses raisons. Nous allons donc différencier ici la « complémentation » de la « supplémentation » alimentaire, en médecine anti-âge.

Pourquoi des compléments alimentaires en anti-âge ?

Comme leur nom l’indique, les compléments alimentaires viennent compléter notre alimentation : ils sont utiles si notre corps manque de micronutriments essentiels dont il a besoin chaque jour. Il s’agit d’une trentaine de nutriments indispensables au bon fonctionnement de notre corps : une douzaine de vitamines, une douzaine de minéraux, quelques acides gras insaturés et huit acides aminés dits essentiels.

Ces carences en nutriments indispensables peuvent survenir à tout âge, on ne peut donc pas parler vraiment de « compléments anti-âge » dès lors qu’il s’agit d’un simple apport en nutriments. Cependant, il faut admettre qu’avec le vieillissement et l’altération progressive de certaines fonctions d’assimilation et digestion, ces  carences deviennent plus fréquentes.

Plusieurs causes peuvent rendre difficile (voire impossible) l’apport optimal en micronutriments :

  • facteurs physiologiques tels que stress, exercices intenses, croissance, vieillesse…
  • mauvaise digestion-assimilation
  • alimentation déséquilibrée (régimes, repas rapides, repas à l’extérieur…)
  • baisse de la qualité des aliments : les méthodes agricoles et alimentaires sont de plus en plus industrialisées. Il s’écoule plus de temps entre la production de l’aliment et sa consommation. De ce fait, la teneur des aliments en vitamines et minéraux est diminuée (comme le montrent certaines études).
  • polluants divers, tabagisme passif, alcool…

D’autre part, en vieillissant, nos dépenses énergétiques deviennent plus faibles et nous avons donc besoin de moindres quantités d’aliments. Au final, nos apports de vitamines et d’autres nutriments essentiels s’avèrent souvent insuffisants. Les études épidémiologiques sont nombreuses à le montrer.

C’est pourquoi les compléments alimentaires sont de plus en plus employés dans les pays occidentaux. Ils permettent d’assurer l’apport correct de micronutriments essentiels (ceux que notre corps ne peut pas fabriquer).

Comment avoir vos nutriments essentiels ?

Le plus important est déjà d’améliorer vos propres apports en fonction de chaque cas :

1. Evitez les grosses erreurs alimentaires, c’est déjà bien

De nos jours, la malbouffe est un phénomène courant dans nos sociétés modernes où l’on ne prend pas le temps de manger. Cela ruine lentement notre santé et notre digestion comme vous pouvez le lire dans cet article.

2. Mangez plus sainement

Les végétaux sont des compléments alimentaires anti-âge

Avoir une alimentation plus saine, c’est faire attention à la qualité des aliments que vous consommez (origine, label bio, conservation, fraîcheur…), éviter la nourriture toute préparée et industrielle, veiller à bien varier et équilibrer vos aliments et manger en quantité raisonnable. Enfin, c’est cuire peu et doucement (moins de 120°). Voir cet article >

3. Vous pouvez compléter votre alimentation

L’idéal serait de connaitre parfaitement vos carences (une consultation médicale avec ou sans examen biologique sanguin peut les évaluer). On sait aussi, par des études statistiques, que certaines populations présentent des carences très fréquentes (par exemple en : vitamine C, zinc, magnésium, oméga 3…).

Voyez notre test pour savoir si vous manquez de nutriments essentiels >

Quel risque de toxicité avec les compléments alimentaires ?

En général, il n’y a pas de risque de surdosage pour des doses allant de 10 à 100 fois les apports quotidiens recommandés (AQR). Ceci laisse une grande marge de manœuvre. Certains médecins préconisent d’ailleurs des apports quotidiens allant jusqu’à quarante fois les AQR, voire plus, pour certains micronutriments.

En revanche, il faut rester vigilant avec quelques nutriments dont l’excès est plus vite atteint et peut être nuisible à la santé. Ils demandent un peu de prudence. Ce sont :

  • vitamines A,  D et K : par exemple, la vitamine A (sous sa forme rétinol) peut devenir toxique à très fortes doses (100 fois les AQR) mais aussi à seulement 10 fois les AQR, si cela dure plusieurs mois
  • certains minéraux comme fer, cuivre, zinc, calcium.

Ainsi, on ne doit pas les prendre au hasard…

Et les suppléments alimentaires anti-âge ?

complement

Il s’agit de substances nutritionnelles non indispensables pouvant avoir un effet bénéfique particulier sur la longévité (et la santé). Elles sont classées comme aliments par l’administration et pas comme médicaments.

En voici les grandes catégories, avec quelques exemples de suppléments utilisés en médecine anti-âge. Certains diront « compléments alimentaires » anti-âge mais nous préférons réserver ce terme aux nutriments essentiels.

Les antioxydants

Ce sont de grand classiques pour la longévité car ils luttent contre un phénomène majeur lié au vieillissement : l’oxydation.

  • acide alphalipoique,
  • coenzyme Q10,
  • resvératrol,
  • glutathion,
  • superoxyde dismutase,
  • taurine, quercétine, etc…

Les plantes et dérivés de végétaux

Il s’agit de plantes (ou de leurs extraits) sous différentes formes et des phyto-nutriments issus de ces plantes ayant des propriétés spécifiques (comme les isoflavones, des alcaloïdes ou autres principes actifs…).

En anti-âge on utilise couramment :

  • les plantes à effet hormone-like (comme des hormones) : tribulus, maca, soja, yam, agnus castus, houblon, sauge… pour compenser la baisse des taux d’hormones généralement constatée avec l’âge
  • les plantes dites « adaptogènes » : gingseng, rhodiola, ashwaganda, ginko biloba, astragale… qui aident l’organisme à s’adapter aux différents stress
  • les plantes riches en silice ; ortie, prêle, bambou… elles participent à une meilleure solidité des os, ligaments et tissus de soutien
  • les plantes détoxifiantes : chardon marie, desmodium, artichaut, pissenlit, boldo…
  • les plantes digestives : gentiane, gingembre, origan, curcuma… Il s’agit généralement de plantes amères qui vont favoriser la production d’acide dans l’estomac et de sucs digestifs apportant entre autres les enzymes digestives.

Les acides aminés non essentiels

Parmi les plus utilisés (avec des exemples d’indications courantes) :

  • glycine : en particulier pour maintenir la production énergétique dans nos mitochondries et la solidité de nos tissus de soutien,..
  • taurine : pour la production énergétique,…
  • glutamine : pour l’intégrité de la muqueuse intestinale, pour nos muscles…
  • glucosamine : pour préserver nos cartilages articulaires de l’usure…
  • L-Carnitine : production énergétique dans les mitochondries où elle favorise l’utilisation des acides gras, résistance au stress, meilleure sensibilité à l’insuline…
  • L-Créatine : conservation des muscles, production d’énergie…
  • Carnosine.: pour lutter contre les processus de glycation

Les probiotiques et draineurs intestinaux

Bien que pas toujours nécessaires en vieillissant. Quelques études ont montré un allongement de la durée de vie avec la prise de certains probiotiques et plantes driinantes de l’intestin.

Les enzymes digestives

Elles sont souvent utilisées pour pallier à la baisse d’enzymes et de sucs digestifs qui vient avec l’âge et à force d’alimentation conservée longtemps, trop cuite, trop pauvre en fruits et légumes frais, polluée, etc… Les plus connues sont :

  • les enzymes pancréatiques,
  • les enzymes extraites des végétaux comme l’aloe vera, la mangue, l’avocat : amylases, lipases, protéases, glucosidases, cellulase…
  • la papaïne de la papaye,
  • la bromélaine de l’ananas…

Notes qu’on trouve aussi beaucoup d’enzymes dans les produits fermentés (kéfir, choucroute, miso…) et les graines germées.

La supplémentation en nutriments essentiels

Les nutriments essentiels vus plus haut peuvent également être utilisés à des doses supérieures aux doses quotidiennes normales, pour rechercher un effet thérapeutique spécifique. Dans ce cas, on parle de supplémentation plutôt que de complémentation. Par exemple, lorsque l’on donne de la vitamine B1 pour une fatigue nerveuse à une dose de 30 ou 40 fois la norme, il s’agit de supplément alimentaire et non plus de simple complément alimentaire.

Bibliographie

  1. Michael Janson
    Clin Interv Aging. 2006 September; 1(3): 261–265. Published online 2006 September.
    Orthomolecular medicine: the therapeutic use of dietary supplements for anti-aging
  2. Annette Dickinson, Leslie Bonci, Nicolas Boyon, Julio C Franco
    Nutr J. 2012; 11: 14. Published online 2012 March 14. doi: 10.1186/1475-2891-11-14
    Dietitians use and recommend dietary supplements: report of a survey

7 Commentaires

  1. Bernard 07/02/2015 à 2 h 27 min ␣- Répondre

    Avant de prendre ces minéraux ou vitamines qui sont toxiques si on en prend sans en avoir vraiment besoin, il faut mieux demander son avis à un médecin qui s’y connait.
    Personnllement, j’ai tendance à avoir trop de fer dans le sang et mon médecin m’a toujours dit que ce serait dangereux pour moi d’en prendre sous forme de complément alimentaire. Alors depuis, je lis bien les étiquettes de composition avant de choisir mes vitamines.

  2. fabienne Rigal 27/02/2015 à 2 h 28 min ␣- Répondre

    Mais le problème, Bernard, c’est de trouver un médecin qui s’y connaisse, comme vous dites. Quelle est la spécialité du vôtre ?

  3. Arthur 02/04/2015 à 2 h 26 min ␣- Répondre

    Il parait qu’il ne faut pas prendre trop de calcium, ni de zinc, ni de fer. Trop de ces métaux pourrait etre dangereux pour la santé.

    • Dr Pierre Said 06/05/0201 à 13 h 44 min ␣- Répondre

      c’est vrai : fer, cuivre, zinc, calcium, vitamine D, K, A (pour les plus importants) ne doivent pas être surdosés. Lorsqu’on veut se complémenter en nutriments, il faut alors connaitre, parmi ceux-ci, ceux qui nous manquent vraiment. Pour les autres nutriments et vitamines, il n’y a pas de risque de surdosage en prenant les quantités quotidiennes recommandées, et même beaucoup plus.

  4. Jacques d neuilly 07/10/2015 à 2 h 28 min ␣- Répondre

    J’ai 58 ans j’ai choisi de suivre une nutrithérapie sérieusement pour rester en bonne santé et mettre toutes les chances de mon côté pour me protéger du cancer qui m’inquiète. pour ça, j,ai trouvé un médecin qui fait de la prévention avec nutrition de pointe et bilan complet.

  5. Anne-cath 08/02/2016 à 2 h 29 min ␣- Répondre

    Merci, c’est super çe qu’on lit ici. Je Like pour les articles et la qualité des commentaires pour tous les tuyaux.

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