jus de légume alcalinisant

L’alimentation moderne (et le mode de vie qui va avec) augmentent l’acidité globale de notre organisme.

Ceci peut perturber beaucoup de fonctions métaboliques du corps et nuire à la santé, d’autant plus qu’avec l’âge, nos systèmes de régulation de pH sont moins performants.

Article mis à jour le 08/08/2019

Le corps humain, son sang et tous ses milieux liquides ont un « pH » mesurable. Lorsque ce pH est égal à 7, il est neutre : ni acide ni alcalin. Inférieur à 7, il est acide, supérieur à 7, il est alcalin (ou basique).

Le corps cherche constamment à éliminer son surplus d’acidité pour rester en bonne santé. Pour fonctionner correctement, notre organisme doit se situer dans une zone de pH équilibrée (autour de 7) alors que ses fonctions métaboliques et énergétiques produisent en permanence des déchets acides. Certaines zones du tube digestif ont des pH spécifiquement très acides (comme l’estomac), et d’autres des pH très alcalins (comme les voies pancréatiques et le duodénum), mais il ne s’agit pas vraiment de l’intérieur de notre corps. Le contenu du tube digestif est une zone où transitent les aliments qui, tant qu’ils ne sont pas assimilés, restent « extérieurs » à notre organisme.

Notez que notre pH sanguin normal est de 7,4 soit, très légèrement alcalin.

Cet article décrit le concept d’équilibre acide-base et, surtout, ses rapports avec l’alimentation, tel que le défendent beaucoup de praticiens de médecine fonctionnelle ou alternative, ainsi que les naturopathes. Il ne prend pas parti et n’affirme en rien détenir la vérité.

Certains praticiens, notamment en médecine moderne classique, refusent ce concept, et les études scientifiques sont incapables de trancher à ce jour. Pour vous faire votre propre idée, vous pouvez lire cet article sur la polémique autour de l’équilibre acide-base et alimentation.

Les causes de l’acidose de basse intensité

Différente de l’acidose métabolique grave qui met rapidement en péril grave l’individu, l’acidose de basse intensité pourrait s’installer à bas bruit, et dégrader lentement notre santé. Il s’agirait de très faibles variations au niveau des pH des compartiments liquides du corps (peu décelables) mais concernant plutôt les tissus. A la longue, elles finiraient par surcharger nos mécanismes de régulation et entraîner des conséquences déséquilibrant notre santé.

Les causes sont diverses : mauvaise alimentation, mauvaise fonction d’élimination, stress, exposition aux champs électromagnétiques, l’âge, etc… Elles peuvent entraîner un excès de productions d’acides organiques dans le corps, menant à un excès global d’acidité, et une surcharge en déchets métaboliques et toxines.

Une alimentation moderne trop acidifiante

table acide baseIl a été montré que l’alimentation moderne est trop acidifiante. En particulier, elle est devenue trop riche en sucres rapides, sodas, graisses raffinés, fromages, céréales raffinées et viandes. A l’inverse, les légumes, fruits, noix et produits complets (non raffinés) sont trop peu consommés.

Il existe un indice établi pour chaque aliment, et reflétant leur potentiel acidifiant ou alcalinisant : le PRAL Potential Renal Acid Load (cliquez sur le tableau ci-contre). Cet effet est rapidement mesurable dans les urines (1)(2).

Le PRAL prend en compte les résidus laissés par les aliments assimilés qui, selon leur nature, influencent l’équilibre acide base du corps. Une liste plus complète est ici.

Les autres facteurs d’acidification du corps

Le stress, le surmenage et le mauvais sommeil sont acidifiants à cause des troubles d’assimilation, des troubles de circulation, et de la mauvaise oxygénation des tissus qu’ils entretiennent.

Le manque de vitamines et minéraux : les systèmes tampons du corps qui neutralisent les substances acides produites en permanence par le corps ont besoin de vitamines, d’oligo-éléments et de minéraux, pour bien fonctionner.

Le manque d’exercice physique et la mauvaise respiration, le tabac, la pollution de l’air, font que l’oxygène manque pour métaboliser et neutraliser certains acides, de même que le gaz carbonique n’est pas suffisamment éliminé.

L’avancée en âge : les reins perdent leur efficacité, tout comme les poumons. Les échanges et processus d’élimination sont moins performants dans les tissus, en faveur de plus d’acidité.

De mauvais systèmes d’élimination : les reins, le foie, le colon et la peau sont des émonctoires qui doivent bien fonctionner pour éliminer les acides. S’ils fonctionnent mal, l’acidité n’est pas bien compensée dans le corps.

Un déséquilibre de la flore intestinale et des perturbations digestives peuvent induire des fermentations intempestives capables de produire des acides absorbés par la muqueuse intestinale alors que, normalement, sous l’effet des sels biliaires et pancréatiques, les aliments sont alcalinisés avant leur entrée dans l’intestin grêle. Les diarrhées conduisent à l’acidose (par perte d’ions bicarbonates) alors que les vomissements la diminuent.

Notons que notre pancréas est un gros producteur d’ions bicarbonates. S’il est affaibli, cette production alcaline baisse, en faveur de l’acidité.

Les conséquences d’un excès d’acidité sur la santé

Perturbation des fonctions vitales

Les réactions métaboliques nécessitent un pH particulier pour bien s’effectuer, notamment pour que les enzymes soient activées et déclenchent ces réactions vitales. La modification du pH (de l’équilibre acidobasique) peut nuire, en particulier :

– aux fonctions d’assimilation des nutriments au niveau digestif et d’élimination des toxines (surtout par le foie). Les acides se lient aux protéines du tissu conjonctif comme le collagène, la souplesse et la perméabilité des membranes d’échange se perdent. La microcirculation est moins bonne dans les tissus et les organes.
– aux fonctions de construction et réparation dans les cellules
– à la lutte contre les radicaux libres (systèmes antioxydants).

Voir la publication dans British Journal of Nutrition : « L’acidose induite par l’alimentation : est-elle réelle et cliniquement significative ? » (3) qui reprend un grand nombre d’études scientifiques.

Le stockage des déchets acides

Si le corps est dépassé dans sa régulation du pH et son élimination des déchets acides, il doit stocker ceux-ci dans les tissus, hors de la circulation sanguine qui, elle, doit impérativement rester à un Ph très proche de 7,4. Apparaissent alors des phénomènes comme : des inflammations articulaires, tendineuses… (par exemple par des dépôts d’acide urique ou oxalique).

La déminéralisation

Des études scientifiques montrent par ailleurs qu’un excès d’acidité peut favoriser la déminéralisation (notamment ostéoporose) mais aussi la fonte musculaire, certains calculs rénaux, etc… En effet, nos systèmes « tampons » utilisent des minéraux alcalinisants (calcium, le magnésium, potassium…) qu’ils vont puiser dans le corps (4), en particulier dans les os.

De même, certains acides aminés peuvent être prélevés dans les muscles par l’organisme, pour réduire l’acidité. Il a été montré que les sujets de plus de 65 ans qui consommaient plus de fruits et légumes avaient une masse musculaire supérieure aux autres, et préservaient ainsi mieux leur muscles.

Ces phénomènes concernent donc l’acidose métabolique latente qui peut se corriger par l’alimentation (5) et l’hygiène de vie.

Notons cependant que si les apports alimentaires en calcium et en protéines sont suffisants, ils sont capables de compenser la perte qui se fait pour compenser l’acidité. De même, les détracteurs de la théorie acide-base disent que certaines populations (Inuits, Masaïs nomades…) ont une alimentation hyper-protéinée animale, et sont pourtant en bonne santé. Oui mais ils vivent dans des conditions très particulières. Tout n’est donc pas si simple.

Les calculs rénaux

L’excrétion de calcium est bien proportionnelle à l’excrétion totale d’acides par le rein (3) et donc aux aliments acidifiants. La prise de citrates de magnésium/potassium (sels alcalinisants) a été montrée efficace contre la formation de calcul rénaux.

Les signes de l’acidose chronique

Les signes d’acidose métabolique à bas bruit seraient :

  • Fatigabilité
  • douleurs musculaires et tendineuses, crampes
  • mauvaise haleine
  • mauvaise digestion et déséquilibre de la flore intestinale
  • urines chargées et fortes en odeur
  • spasmophilie et troubles de la conduction nerveuse
  • transpiration excessive et malodorante
  • mycoses
  • migraines, dépression…

L’alimentation alcaline pour équilibrer l’acidité

Voici les bases d’une alimentation pour un meilleur équilibre acide base du corps car plus « alcalinisante ».

A augmenter :

  • les végétaux : surtout les légumes et les fruits
  • les aliments frais, non conservés
  • les fruits secs
  • les noix (peu acidifiantes par rapport aux autres sourecs de protéines) et les graines germées…

A diminuer :

  • les viandes, les produits animaux, les fromages
  • les céréales raffinées : farines, pâtes… complètes (non raffinées) et en quantités modérées.

A éviter :

  • les sucres raffinés et les produits sucrés,
  • l’alcool,
  • les sodas,
  • l’excès de céréales (surtout les farines blanches raffinées),
  • l’excès de sel, de café et cacao,
  • les aliments industriels tout préparés, les huiles raffinées industrielles…

Vous trouverez plus d’information et une analyse critique sur l’alimentation alcaline ici et une liste des aliments alcalins. Notez que tout cela se rapproche finalement d’une alimentation ancestrale (voire paléolithique) que l’on trouve encore chez certaines peuplades qui s’en portent très bien.

Contrôler et corriger son pH

La correction de l’équilibre acido-basique peut aider à réguler et optimiser :

  • les diverses fonctions du métabolisme de nos cellules dont la production d’énergie
  • l’apport et l’utilisation de l’oxygène au niveau cellulaire
  • les fonctions de détoxication et d’élimination des radicaux libres.

Cela se fait surtout par un changement d’habitudes alimentaires sur le long terme, mais aussi d’hygiène physique (exercice) et de meilleure respiration. Boire des eaux minérales alcalines (en dehors des repas) est également utile.

Pour obtenir plus rapidement un meilleur équilibre acide base, l’emploi de sels minéraux est possible. Il s’agit la plupart de temps de citrates ou bicarbonates. On commence avec une dose faible en contrôlant son pH urinaire. On augmente la dose si le pH n’est pas modifié après quelques jours. Ceci toujours hors des repas pour ne pas neutraliser l’acidité produite par l’estomac et qui assure une bonne digestion.

Après avoir trouvé la dose efficace pour corriger son pH (qui devrait être normalement supérieur à 6.5 dans les urines), il faut poursuivre plusieurs mois (2 à 6 mois selon l’ancienneté des troubles et l’acidité constatée). Ensuite, on diminue la dose progressivement jusqu’à arrêter les sels alcalinisants en ayant, bien entendu, modifié son alimentation et changé quelques habitudes d’hygiène de vie.

Pour contrôler le pH des urines simplement, on peut utiliser du papier test pH. Ce dernier doit être gradué de 5 à 9 par demi-unités (en pharmacie). Le pH des urines ne reflète pas exactement le pH des différents tissus du corps mais il a le mérite d’être simple à contrôler et d’être globalement l’indice d’un corps cherchant à éliminer un excès d’acidité.

A savoir : les urines matinales sont naturellement plus acides que dans la journée. Ce qui compte est d’améliorer la moyenne de son pH pris aux mêmes heures. Aussi, avant de se traiter, il faut mesurer ses urines au long de la journée pendant plusieurs jours pour être bien sûr que l’excès d’acidité est réel et continu ou faire doser le pH des urines de 24h par un laboratoire.

Conclusion

Cette approche, bien qu’encore controversée, est toujours intéressante. Elle pourrait expliquer bon nombre de problèmes de santé et donner lieu à des mesures de prévention et de traitement visant à rétablir l’équilibre acido-basique.

Puisque ces mesures consistent surtout en une meilleure hygiène de vie et alimentaire, pourquoi s’en priver ?

Bibliographie :

(1)  Remer T1, Manz F. Potential renal acid load of foods and its influence on urine pH. J Am Diet Assoc. 1995 Jul;95(7):791-7. 

(2) Plant Foods Hum Nutr. 2010 Mar;65(1):77-82. doi: 10.1007/s11130-009-0149-5. Nutrient based estimation of acid-base balance in vegetarians and non-vegetarians. Deriemaeker P, Aerenhouts D, Hebbelinck M, Clarys P.

(3) Joseph Pizzorno, Lynda A. Frassetto and Joseph Katzinger. Diet induced acidosis : is it real and clinically relevant ? British Journal of Nutrition 2010 – 103 – 1185

(4) New & Col. (2000). Dietary influences on bone mass and bone metabolism : further evidence of a positive link between fruit and vegetable consumption and bone health ? – Am J Clin Nutr 71: 142-151.

(5) Alimentation et équilibre acido-basique. Christian Demigné, Marie-Jeanne Davicco & Véronique Coxam Unité de Nutrition Humaine – Equipe Alimentation, Squelette & Métabolisme INRA