Pourquoi la perte de cheveux ?

Les soins médicaux (naturels ou allopathiques)

lotion sur les cheveux qui tombent

Lotions et cosmétiques pour stimuler la pousse des cheveux

Même si l’on ne croit plus à la lotion miracle qui fait repousser les cheveux, il existe quand même des produits d’usage local intéressants car réellement actifs sur la vie du cheveu. Le problème est bien là : quand un follicule pileux ne produit plus de cheveu et qu’il s’atrophie, il est déclaré « mort ». A priori, on ne sait pas encore le « ressusciter » mais la recherche, notamment génétique, nous réservera peut-être quelques surprises.

Substances naturelles anti-chute et stimulantes

En attendant, on connait l’action de certaines substances sur les follicules et sur la qualité des cheveux qu’ils fabriquent. Certaines plantes sont utilisées pour cela depuis la nuit des temps et on sait aujourd’hui d’où proviennent leurs vertus.
L’ortie, par exemple, est capable de réduire l’activité de la 5alpha réductase vue plus haut. L’avoine a également ces propriétés ainsi que les lignanes qui sont contenues en grande quantité dans les graines de lin et aussi dans les graines de céréales, le riz complet, les pommes, l’ail, les brocolis…

Certaines huiles essentielles sont intéressantes localement pour les cheveux. Certaines diminuent la séborrhée (cèdre, lavande, romarin…), d’autres activent la microcirculation (camphre, gingembre, tea tree…)

Des études ont d’ailleurs prouvé les effets de certaines huiles essentielles dans l’alopécie : p.ex.  « Etude randomisée sur l’aromathérapie dans l’alopecia areata ».

lotion huiles essentielles contre chute des cheveuxLa cosmétique ayurvédique connait bien l’usage des produits naturels pour les cheveux. Elle utilise largement les applications d’huiles végétales comme jojoba, lin, sésame, coco… à choisir en fonction du type de cheveu (selon la typologie ayurvédique).

Produits médicamenteux

Minoxidil (Aminexil°, Rogaine°, Foligain°…): utilisé à l’origine contre l’hypertension artérielle, c’est un vasodilatateur qui augmente le flux sanguin. Il semble que l’effet sur les cheveux s’arrête avec l’arrêt du traitement. A poursuivre donc en continu. A priori peu marqués, des effets secondaires existent (démangeaisons, acné, maux de tête, vertiges…).

Stemoxydine : une molécule proposée en 2013 par un grand laboratoire cosmétique promet en moyenne 1700 cheveux en plus après traitement. Ce produit raccourcirait la phase de « sommeil » du follicule pileux (entre la chute du cheveu et sa repousse). Il ne s’agit pas (encore) de faire revivre un follicule inactif depuis des années. Le traitement est cependant onéreux. Il sera plus facile de se faire une idée avec quelques années de recul mais les plus fortunés devraient pouvoir l’essayer sans crainte : le laboratoire l’annonce sans effet secondaire.

Mésothérapie : l’apport direct des produits dans le cuir chevelu

Il s’agit de multiples micro-injections réparties sur l’ensemble de la zone à traiter grâce à des aiguilles ultrafines. Les injections sont faites dans les premiers millimètres du cuir chevelu, soit manuellement, soit à l’aide d’un pistolet capable d’automatiser le geste. Elles sont peu douloureuses à cet endroit. C’est une technique connue et pratiquée depuis les années 1980. Elle satisfait un grand nombre de patients et de médecins par ses résultats. Il ne faut pas attendre de retrouver une chevelure d’adolescent mais les effets généralement ressentis et/ou vérifiés sont :
– diminution de la séborrhée (qui rend les cheveux gras et favorise leur chute)
– épaississement du cheveu, amélioration de sa texture et de sa brillance
– enfin et surtout, diminution et ralentissement de la chute.

L’observation montre que les personnes qui pratiquent régulièrement  de tels soins conservent mieux et plus longtemps leurs cheveux.
On attribue les résultats à un meilleur apport de nutriments du bulbe pilaire, à une meilleure microcirculation sanguine locale (qui tend à diminuer avec l’âge) et aussi à une diminution de la sensibilité hormonale des follicules pilaires (rappelons que les hormones androgéniques peuvent favoriser la chute du cheveu).

C’est une technique médicale qui reste naturelle selon les produits employés. Au commencement, les médecins employaient surtout les vitamines B5 et B8 (biotine, acide pantothénique), puis divers produits ont été ajoutés :

– substances naturelles : polyvitamines (contenant également les autres vitamines), magnésium, silice organique, zinc, acides aminés, progestérone
– médicaments vasodilatateurs (qui augmentent le débit sanguin local) dont un des plus connus est le minoxidil
– régulateurs hormonaux diminuant l’action de la 5 alpha réductase, cette enzyme qui transforme notre testostérone en une autre hormone (DHT : DiHydroTestostérone) qui elle, favorise la séborrhée et la perte de cheveux.

L’injection de facteurs de croissance plaquettaires

Depuis les années 2000, on concentre les facteurs de croissance contenus dans les plaquettes sanguines d’un prélèvement du sang du patient. Ils sont alors réinjectés dans le cuir chevelu pour stimuler la pousse, voire la repousse puisque quelques études semblent montrer qu’un gain de cheveux (modeste toutefois) serait possible.

Assez fréquemment, les médecins mélangent ces facteurs de croissance à des micronutriments comme les vitamines, le acides aminés, etc…
Cette technique a l’avantage d’être totalement naturelle et donc sans danger ni effet secondaire. Elle doit toutefois être pratiquée avec la plus grande asepsie. Elle est plus onéreuse bien entendu que la mésothérapie simple. Cette technique a été suspendue en France fin 2013 par la DGS.

Traitements par voie générale : l’aspect hormonal

ortie sauvageRemèdes naturels contre la perte de cheveux

La racine d’ortie, les graines de citrouille, le palmier nain (sabal serrulata), le prunier d’Afrique (pygeum africanum), sont capables de diminuer l’activité de la 5-alpha-réductase et donc d’intervenir contre la perte de cheveu d’origine androgénétique. On peut les trouver sous forme de gélules de poudre, ou bien de teintures mères, voire de tisanes.

Le lin encore (graines), outre sa richesse en omega 3 contient des lignanes (phytoestrogènes) qui amélioreraient l’état du cheveu et préviendrait leur chute en inhibant l’action de la 5-alpha-réductase.

Le zinc est un nutriment essentiel qui agit aussi dans ce sens. Il est utilisé également dans l’acné contre l’hyperséborrhée et possède une action anti-mycosique.
Le manque de sélénium peut être un facteur aggravant dans l’alopécie mais en général, avant de prendre des suppléments de nutriments, il convient d’éliminer et de compenser les éventuelles carences en vitamines, minéraux, acides aminés, etc…
Notons enfin que ces remèdes sont aussi, chez l’homme, utilisés contre les troubles prostatiques, liés à l’activité de cette même enzyme (5-alpha-réductase).

La testostérone et la 5-alpha-réductase, l’enzyme ennemie

Divers médicaments ont été mis au point pour lutter contre l’activité de cette enzyme.

gelules et comprimes d'hormonesFinastéride : des améliorations sur la chute et la repousse (modérée) ont été démontrées scientifiquement mais elles cessent à l’arrêt du traitement. Des effets secondaires existent (perte de libido, gynécomastie (prise de volume des seins chez l’homme…). Ils cèderaient aussi à l’arrêt du traitement.

Le dutastéride est une molécules ayant le même type d’effet, de découverte plus récente. Elle serait plus efficace car agissant sur les 2 types de l’enzyme 5-alpha-réductase (au lieu d’un pour le finastéride) mais aurait aussi un peu plus d’effets secondaires.

Les antiandrogènes (p.ex. la cyprotérone, flutamide, nitutamide) :  ils diminuent, comme leur nom l’indique, les hormones mâles (et par conséquent la DHT). Leur emploi ne se conçoit que chez la femme ou dans certaines maladies graves comme le cancer de la prostate chez l’homme.

Les autres hormones

Oestrogènes : un manque d’œstrogènes, notamment à la ménopause, favorise la perte de cheveux et leur dégradation (plus fins, plus secs). Ils peuvent être justifiés dans le cadre d’un traitement substitutif hormonal si les phytosensibilisants naturels non hormonaux ne suffisent pas. Seul le médecin est compétent pour le décider et seul l’oestradiol (forme d’oestrogène bio-identique) devrait être utilisé dans ce cas.

Progestérone : elle stimule la pousse des cheveux en quantité et en qualité. Mêmes remarques que ci-dessus. Elle peut aussi s’appliquer localement en lotion.

Vision intégrale du traitement de la perte de cheveux

belle chevelureDans un marché énorme pour l’industrie cosmétique et pharmaceutique, méfions-nous des sirènes trop prometteuses de victoire contre l’alopécie.
Nous sommes toujours dans la même logique d’anti-âge intégral (ces points sont détaillés dans la première partie de cet article) :

1. veillez à ce qu’un excès de toxines ou de polluants (internes ou externes) ne nuise pas à la pousse correcte et à la santé de vos cheveux

2. assurez-vous de ne pas manquer de nutriments essentiels (ici en particulier des vitamines B, E, des minéraux zinc, silice, sélénium, fer, omega 3… dont la carence peut influencer directement la chute des cheveux

3. stimulez (en douceur de préférence) les fonctions déficientes, qu’elles soient hormonales ou circulatoires, comme nous l’avons vu.

Enfin, n’attendez pas d’être chauve mais entretenez votre chevelure régulièrement par des soins adaptés et traitez (par des moyens naturels en priorité) dès que vous perdez vos cheveux en trop grand nombre ou en qualité.

12 Commentaires

  1. harma 17/10/2014 à 3 h 26 min ␣- Répondre

    ce traitement ne s’utilise t-il que chez les hommes car je suis une femme et je perds mes cheveux aux niveau de la mèche. Je suis désespérée et cherche par tous les moyens à eradiquer le phénomène.
    Merci pour votre réponse

    • Dr S Said 30/10/2014 à 6 h 16 min ␣- Répondre

      Ces traitements sont valables aussi pour les femmes. Ils doivent être choisis selon la ou les causes de perte de cheveux qui doivent être identifiées avant.

  2. docgyneco3 17/10/2014 à 3 h 28 min ␣- Répondre

    je fais mettre spironolactone après mésothérapie avec mélange nutritif tout pret plus silicium et minoxydil injectable. les resultats sont encourageants.

  3. alain pirotte 02/04/2015 à 3 h 27 min ␣- Répondre

    excellents résultats avec la dutastéride (inhibition alpha-réductase)et le tadalafil (vasodilatateur) si bien indiqués,

  4. faby 29/05/2016 à 21 h 23 min ␣- Répondre

    bonjour , je combat depuis toujours la dht mais maintenant que je suis ménopausée , je lis que la racine d’ortie est néfaste pour les femmes car elle abaisse le taux d’oestrogènes ! quelle solution phyto pour combattre la dht ? merci

    • Dr Pierre Said 30/05/2016 à 11 h 33 min ␣- Répondre

      Effectivement l’ortie a également une action anti-aromatase donc diminuant la transformation de la testostérone en oestradiol (idem pour le lin, le zinc, la passiflore…). Ceci dit, en ménopause, cela ne doit pas changer beaucoup les taux d’oestrogènes qui sont déjà très bas.
      Sinon, le palmier nain n’a pas d’activité anti-aromatase particulière.

  5. Dx 13/12/2016 à 15 h 20 min ␣- Répondre

    Bonjour,
    Je me pose la question sur le zinc. On me l’a conseillé à raison de 3 mois 30mg par jour contre l’acné. Ca régule aussi les hormones selon mon naturopathe. Seulement ma chute de cheuveux continue. Et sur un site j’ai lu que le zinc augmente la testostérone et l’enzyme qui transforme la testostérone en DHT, responsable de la chute de cheveux. Je ne comprends plus bien, certain site conseil le zinc contre la chute et d’autres disent qu’il peut en être là cause à forte dose…. Faut-il en prendre ou pas ?…. Merci d’avance

    • Dr Pierre Said 16/12/2016 à 9 h 10 min ␣- Répondre

      Si votre niveau sanguin de zinc est trop bas (ce qui n’est pas rare), la question ne se pose pas il faut en prendre (habituellement entre 15 et 30 mg/jour selon la forme de zinc). Le zinc agit sur l’axe hypophyse-surrénales-gonades et peut donc réguler les hormones sexuelles dont la testostérone. Il pourra éventuellement favoriser sa production chez la personne qui en manque mais s’il suffisait de prendre du zinc pour faire monter la testostérone, les bodybuilders ne se piqueraient plus avec celle-ci.
      En revanche, comme il est dit dans l’article, le zinc peut réguler la transformation excessive de la testo en DHT et donc améliorer les problèmes d’acné et de perte de cheveux liée à l’hyperséborrhée.
      Donc en prendre, oui, si l’on en manque (donc analyses de sang) mais à des doses raisonnables.

  6. Anne Le palec 14/01/2017 à 19 h 22 min ␣- Répondre

    Ménopausée depuis peu, j’ai arrêté Yaz en Août dernier pour un THS (patch+progestérone) à faible dose. Je perds mes cheveux depuis octobre sans arrêt avec apparition d’un front un peu dégarni. Que dois je faire? Est ce normal? Merci de me répondre.

    • Dr Pierre Said 20/01/2017 à 12 h 48 min ␣- Répondre

      Il est possible que votre THS ne soit pas dosé correctement (à vérifier). Après, il y a toujours d’autres causes possibles dans la perte de cheveux : manque de nutriments, stress, anxiété, toxiques, etc… Difficile de vous en dire plus, bien sûr.

  7. ka10 23/10/2017 à 18 h 02 min ␣- Répondre

    quell’est le meuilleur traitement pour l’hirsutisme Finastéride;Dutastéride, tadenan ou permixon .j’ai déja pris androcur et diane35 sans aucun résultat.

    • Dr P. Said 06/11/2017 à 8 h 15 min ␣- Répondre

      Il n’y a pas de « meilleur traitement », il y a le traitement le plus adapté dans votre cas. Ceci veut dire qu’il faut d’abord comprendre la cause du problème (hormonale, génétique, acquise, multiple, etc…). Généralement les gens ne comprennent pas cela et croient au produit miracle.
      Les remèdes que vous citez peuvent effectivement tous avoir une action. Certains sont des extraits de plantes, d’autres des molécules de synthèse. Ensuite il faut comparer les doses fournies par comprimé ou par gélule et adapter le traitement. Un médecin ou un endocrinologue compétent doit pouvoir faire cela.
      L’hirsutisme est un problème très gênant chez les femmes. Bien sûr, si la cause est essentiellement génétique, la solution la plus efficace restera souvent l’épilation.

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