Vieillissement : les mécanismes et théories

Causes, effets ou mécanismes ?

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horloge du vieillissement

Sans savoir formellement ce qui crée notre vieillissement, force est de constater que notre corps se dégrade inexorablement, plus ou moins vite. Cette dégradation est variable selon les sujets mais s’effectue à tous les niveaux.

Plus de 250 théories ont été émises et il semble que vieillir soit bien complexe et puisse avoir plusieurs causes. Globalement, notre vieillissement entraîne une baisse de notre fertilité et de nos défenses immunitaires avec une sensibilité accrue aux maladies. Nos cellules et nos tissus fonctionnent moins bien, ainsi nos organes sont moins performants et notre aspect se dégrade. Le risque de mortalité augmente.

Il est difficile de faire la différence entre les effets constatés du vieillissement et ses causes, surtout au niveau cellulaire. Les scientifiques retiennent surtout que, globalement, une accumulation d’éléments cellulaires détériorés se fait au fil du temps. Les cellules fonctionnent alors mal, elles « vieillissent » et deviennent sénescentes. Elles ne se reproduisent alors plus, se transforment en cellules anormales (voire cancéreuses) ou meurent. Le corps cherche à les éliminer le mieux possible.

Voici les théories sur les causes (ou en tout cas des mécanismes) du vieillissement les plus retenues aujourd’hui. Rien n’est vraiment certain. La science nous en apprend régulièrement plus et l’on revient parfois aussi en arrière sur certaines théories.

L’accumulation de détériorations dans les cellules de notre corps

L’oxydation :

C’est une des théories majeures bien que, récemment, on soit revenu sur l’usage systématique des antioxydants contre le vieillissement. Ce n’est pas si simple. Néanmoins, l’oxydation reste un phénomène très impliqué dans la détérioration des tissus du corps et dans les maladies liées au vieillissement.

stainless-962464_1920Tels le morceau de fer qui rouille, nos tissus s’oxydent naturellement avec le temps. L’oxydation est le résultat des processus de « combustion » et de réactions  métaboliques normales qui produisent des radicaux libres comme une chaudière produit des gaz nocifs. Nous avons des systèmes antioxydants qui permettent de limiter leurs dégâts mais ceux-ci peuvent être vite dépassés. A la longue, les radicaux libres peuvent altérer de plus en plus nos tissus et créer des protéines voire des cellules anormales, une dénaturation des lipides, etc…

La combinaison des protéines (réticulation et glycation)

Celle-ci conduit à une perte d’élasticité et une altération des tissus. La glycation est une combinaison particulière se faisant entre nos protéines et des glucides (sucres).
Les tissus les plus touchés sont, comme chez les diabétiques, les parois des vaisseaux, la rétine, le collagène. La tendance au durcissement des fibres de collagène fait que les échanges et la nutrition des cellules sont ralenties globalement. Le terrain acide favoriserait ces combinaisons.

Le raccourcissement progressif des télomères

Les télomères sont un genre de capuchon protecteur des extrémités des chromosomes. Leur taille diminue au fil des divisions cellulaires et donc avec l’âge.
La division cellulaire permet aux tissus de se régénérer comme la peau se reforme pour refermer une blessure.

On pense qu’après la disparition des télomères, ce sont des gênes des chromosomes qui peuvent être détruits à leur tour, entrainant ainsi la mort des cellules ou la production de cellules sénescentes ou anormales, que le corps devra éliminer.

Hayflick avait montré qu’il y avait une limite au nombre de divisions des cellules (une cinquantaine). Il semble que la découverte de l’usure des télomères explique cela sauf pour certaines des fameuses « cellules souches » qui pourraient se diviser bien au delà (jusqu’à 1000 fois).

Une enzyme (la télomérase) découverte récemment, peut « réparer » ce raccourcissement des télomères. A priori, elle est fabriquée par le foetus mais pas par l’adulte (sauf par les cellules cancéreuses et les fameuses cellules souches).

La détérioration des mitochondries

Ce sont des petits organes de nos cellules qui ont le rôle primordial de générer l’énergie pour leur fonctionnement et donc, celui de notre corps. Ces « petites chaudières » brûlent en permanence des nutriments avec de l’oxygène.Mitochondrie
Aussi, les réactions d’oxydation de cette combustion y génèrent beaucoup de radicaux libres qui peuvent, en excès, détériorer la mitochondrie elle même, l’ADN de la cellule puis d’autres de ses éléments.

Dans ce cas, la production d’énergie baisse et les réactions métaboliques aussi. Il a été décrit une détérioration accrue des mitochondries lors de carences en cuivre, zinc, vitamine D, C, E, B12, B6, B3 et B9.

Récemment, on a montré que cette détérioration était plutôt déclenchée par la cellule elle-même lorsqu’elle manquait d’un certain coenzyme (le NAD+). Celui-ci est impliqué dans la production d’énergie de la cellule et diminue avec l’âge.

Les erreurs de réplication des cellules et la détérioration de notre ADN

Des petites anomalies peuvent se retrouver après un certain nombre de multiplications des cellules de notre corps. De plus, notre ADN subit une détérioration quotidienne. Il existe un système de correction/réparation dans nos cellules mais l’accumulation des erreurs (en particulier sur l’ADN des cellules) conduirait aussi, à la longue, au mauvais fonctionnement de nos cellules, à la dégénérescence et la mort de celles-ci, puis à la nôtre.

Diminution de la méthylation

La méthylation est une réaction biologique qui diminue globalement avec l’âge. Ainsi, certaines fonctions utiles à la santé vont se ralentir progressivement. Par exemple, les fonctions de réparation de notre ADN ou de nos cellules, et bien d’autres…

Les scientifiques pensent que la diminution de la méthylation est corrélée avec le vieillissement et de nombreuses maladies de dégénérescence. Elle pourrait être un marqueur de l’âge de nos cellules et de notre longévité.

L’encrassement toxinique

Dans nos cellules, des résidus métaboliques s’entassent et empêchent leur fonctionnement normal.

De même, ces substances toxiques peuvent s’accumuler entre les cellules (milieu intercellulaire), empêchant alors les échanges qui assurent l’apport nutritif des cellules et la bonne élimination de leurs déchets.

La lipofuscine, en particulier, est un produit de dégradation qui augmente avec l’âge dans de nombreux tissus. Elle donne par exemple les taches brunes de la peau qui vieillit.

Elle peut générer des maladies pour les cellules qui ne se multiplient pas comme les cellules musculaires et nerveuses donc pour le coeur et le cerveau. On la retrouve en très grande quantité dans les cellules du cerveau atteint d’Alzheimer.

Le vieillissement et la mort programmés dans nos gênes

Notre horloge biologique

Selon cette théorie, notre durée de vie serait fixée par une sorte d’horloge biologique, ce qui irait dans le sens de la survie de l’espèce humaine. Ici, il ne s’agirait plus d’une accumulation d’erreurs et de dégradations mais d’un programme allant de la conception à la mort de l’individu.hourglass-620397_640

Les sujets âgés, ayant pu assumer leur reproduction pendant leur jeunesse,et devenant moins utiles à l’espèce, il est possible que la nature ait prévu leur extinction programmée. Cette théorie n’est pas nouvelle mais récemment, de nouvelles études génétiques apportent un jour nouveau et confirmeraient son intérêt. Il s’agit des changements épigénomiques.

Pour faire simple, disons que plusieurs centaines de nos gênes sont impliqués dans les processus de vieillissement et que notre corps peut les activer ou les inactiver, déclenchant ainsi certaines fonctions. Selon les fonctions activées, cet ensemble de gênes peut alors commander les processus de croissance, de maturation et finalement la mort. Reste à savoir pourquoi et comment ils s’activent…

Notre corps sait-il remettre l’horloge à zéro ?

Les découvertes sur les télomères (voir plus haut) et la méthylation de l’ADN (qui peut modifier l’activité de nos gênes et accélérer le vieillissement) vont aussi dans le sens de cette hypothèse.

Il est théoriquement possible d’inverser certaines expressions de gênes. L’enjeu incroyable serait donc de pouvoir faire revenir certains tissus ou organes à un état antérieur.

En attendant, on sait aujourd’hui grâce à l’épigénétique que le mode de vie et l’environnement peuvent modifier largement l’expression de nos gênes. A suivre donc…

Aujourd’hui, les études ayant débouché sur un allongement de la durée de vie (chez les animaux) sont nombreuses malgré cette horloge qu’on ne semble pas pouvoir arrêter. Pourtant, un corps humain jusqu’à 50 ans au moins, sait fabriquer des cellules saines et jeunes, sans aucun signe de vieillissement :

Lors de la procréation, deux corps faits de cellules ayant plusieurs décennies (présentant donc un certain vieillissement) sont capables de créer une cellule complètement jeune et qui deviendra leur enfant.

Sans cela, notre espèce dépérirait rapidement ! Il a été montré que l’ovocyte de la femme contenait ces facteurs rajeunissants.  Hélas, personne n’a encore pu les mettre en pratique.

5 Commentaires

  1. arthurH2O 02/02/2014 à 2 h 51 min␣- Répondre

    c’est vrai n’oublions pas de dire que quand on est bien dans sa tete on vit plus longtemps et avec moins de maladies

  2. nina34 05/01/2015 à 2 h 49 min␣- Répondre

    quel programme des réjouissances ! mais bon, c’est la vie et l’important n’est il pas de rester en bonne santé et surtout bien dans sa tête

  3. SOCRATE 30/08/2015 à 21 h 43 min␣- Répondre

    Il y a 2500 ans, dans le PÉDON de PLATON, SOCRATE nous dit fort justement que celui qui accordera durant toute sa vie beaucoup d’importance à tous les plaisirs du corps, à l’apparence physique, à l’argent, aux honneurs, à la gloire, etc etc… se prépare une vieillesse et une mort bien difficile.

    En conséquence, la sagesse et le détachement des choses matérielles relatives aux bas instincts du corps, nous permet de mieux vivre et de mieux supporter la vieillesse puis la mort qui est inéluctable.

  4. Dany 11/08/2016 à 17 h 33 min␣- Répondre

    avoir une vie calme se nourrir modérément sans se gaver essayer de préparer des repas sains l huile d olive m a toujours accompagnée meme sur la peau le miel bio est un médicament il a contribué à la guérison d un ulcère le soir avant de dormir une cuillère à soupe et ne pas boire derrière bien sûr les tisanes de thym régulièrement et je terminerai en disant aider son prochain

  5. Lisa 20/07/2017 à 12 h 23 min␣- Répondre

    Hum, Socrate en avait de bonnes mais sans y accorder d’importance exagérée on ne peut quand meme pas passer toute sa vie comme un moine ):/ Et s’il y a un moment pour vouloir se réaliser , profiter de la vie et prendre soi de son apparence c’est bien quand on le peut encore, et à mon avis il vaut mieux en profiter jeune car on peu avoir des surprises quand on se retrouve estampillé « post 50 », à avoir de besoins jusque là négligés.
    Mais bon, commencer à se détacher ça sert toujours.
    (heu, je m’abstiendrai d’aider mon prochain pour ma part, je me suis toujours insurgee contre cet usage abusif et répandu qui voudrait qu’une vielle femme ne soit tolérée qu’à partir du moment où c’est une brave vieille, désolée mais on n’est pas des nounous et on a le droit d’etre respectées comme n’importe qui)

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