ventre et digestion

L’intestin et sa flore sont indissociables et fondamentaux car ils conditionnent autant la bonne absorption de nutriments que l’élimination de toxines.

Mais encore, ils jouent un rôle crucial pour vos défenses immunitaires, vos fonctions cérébrales, votre métabolisme énergétique… A surveiller donc de près !

Intestin, absorption de nutriments et élimination de toxines

Hippocrate mettait l’intestin au centre de la santé. C’est en effet le lieu d’échange et d’interactions entre notre corps et les substances issues de notre environnement  extérieur. Nous « filtrons » continuellement ces substances (aliments) pour construire notre corps puis renouveler nos tissus.

Une mauvaise fonction intestinale (et plus généralement, une mauvaise digestion) empêcheront la bonne absorption des nutriments essentiels et le bon fonctionnement de notre organisme. Dans l’autre sens, elle pourra freiner la bonne élimination de déchets toxiques de l’organisme, voire les réabsorber.

tube digestifLe bon fonctionnement de l’intestin est dépendant :

  • d’un bon travail de l’estomac, du foie et du pancréas, lui même dépendant :
    • de la production normale des différents sucs et enzymes digestifs (qui baisse avec l’âge et/ou le stress)
    • d’une bonne mastication et imprégnation salivaire
  • de la vitesse correcte du transit dans le tube digestif (péristaltisme)
  • d’un niveau énergétique et hormonal correct, c’est à dire non épuisé par un stress chronique
  • de l’équilibre de sa flore microbienne
  • du bon état de sa muqueuse, en particulier sa perméabilité (voir plus bas).

Globalement, si les fonctions digestives se détériorent trop avec l’âge, c’est le vieillissement du corps en général qui risque s’accélérer et laissent s’installer les maladies qui lui sont liées (voyez « si vous digérez mal, vous vieillirez mal« )

La flore intestinale ou microbiote

La flore normale

La fonction intestinale se fait en harmonie avec une flore principalement bactérienne qui colonise notre tube digestif. Ces cent mille milliards de bactéries qui vivent en équilibre avec nous et en nous, sont finalement dix fois plus nombreuses que les cellules de notre corps. On en connait aujourd’hui près de 1000 espèces. Chacun de nous possède une composition unique de 100 à 150 espèces microbiennes, qui lui est propre et dont on commence seulement à comprendre les implications sur la santé.

Ces « microbes amis » représentent jusqu’à 2 kg de notre poids et sont de plus en plus considérés comme un organe à part entière, tellement leurs fonctions sont importantes. Sans eux, point de santé.

Le microbiote nous aide, par exemple :

  • à digérer certaines substances,
  • à fabriquer certaines vitamines et nutriments,
  • à avoir une bonne immunité qui nous défendra contre des intrus :  substances toxiques, polluants, micro-organismes « ennemis » : bactéries dangereuses, virus, levures, etc…
  • et certainement à bien d’autres choses comme la production d’énergie, la régulation de l’humeur, qui sont des découvertes assez récentes…

Nos bactéries domestiques dégradent les fibres des végétaux que notre corps ne sait pas digérer et dont elles se nourrissent. Ce faisant, elles produisent des nutriments pour les cellules de notre muqueuse intestinale, en particulier des acides gras à chaine courte.

Au final, elles sont bien plus importantes que ce que l’on a longtemps pensé puisque indispensables à notre santé. On pourrait dire qu’elles font « partie de nous ».

Modifications du microbiote avec l’âge

Alors que la composition du microbiote est relativement stable pendant l’âge adulte, les modification de l’alimentation, voire les médications (antibiotiques en particulier), le ralentissement du transit gastro-intestinal… mènent à une détérioration de l’équilibre de la flore digestive en vieillissant. Par exemple, une augmentation de germes délétères, au détriment des souches lactobacilles et bifidobactéries a été observée.

La diversification des espèces bactériennes a tendance à diminuer avec l’âge conjointement à une digestion moins performante (baisse de production des sucs et enzymes digestifs, transit plus lent…). Il en résulte une tendance à l’augmentation des réactions de putréfaction dans l’intestin qui produisent alors plus de substances toxiques que le corps devra gérer.

Pour contrecarrer ces effets, les traitements par probiotiques (« bonnes bactéries ») et prébiotiques (substances nourrissant les bonnes bactéries intestinales) sont proposés. Plus récemment, des modifications de l’alimentation et des jeûnes courts ont aussi montré des résultats très intéressants.

Enfin, rappelons ici que la médecine ayurvédique emploie volontiers des lavements doux qui traitent principalement la partie gauche du colon, celle justement où se font les réactions digestives de putréfaction. En matière de digestion, l’Ayurvéda parle globalement d' »agni, le feu digestif » qui conditionne la bonne transformation des aliments en énergie pour tout le corps. C’est une vision intéressante car elle confirme l’aspect global et intriqué des divers éléments et fonctions qui conditionnent une bonne digestion/assimilation.

La perméabilité de la muqueuse intestinale

Les troubles sont aujourd’hui fréquents et notre flore (ou microbiote) est souvent malmenée par notre mode de vie moderne. En particulier, une augmentation de la perméabilité de la muqueuse intestinale (leaky gut syndrome) peut être favorisée par le stress, les toxiques alimentaires, une alimentation malsaine, une mauvaise flore, etc…

La muqueuse laisse alors passer dans la circulation sanguine des particules d’aliments non digérés. L’organisme va mettre en jeu ses défenses immunitaires pour s’y attaquer. Ceci va créer des particules complexes (et toxiques) dans le sang et, à la longue, fatiguer notre immunité et laisser s’installer une inflammation chronique.

Les intolérances et les allergies alimentaires peuvent aussi être liées à un tel syndrome. Par ailleurs, les études ont constaté de des périodes de jeûnes pouvaient mettre l’intestin au repos et mener à une régénération de sa muqueuse, améliorant sa perméabilité.

flore instestinalePour ces raisons, on est souvent amené, en médecine anti-âge :
– à rééquilibrer la flore intestinale à l’aide de probiotiques, de prébiotiques et/ou de modifications alimentaires et de jeûnes intermittents…
– à dépister les intolérances à certains aliments,
– à gérer le stress.

Parfois, il peut être utile de nettoyer l’intestin (très utilisé en médecines traditionnelles) à l’aide de lavements ou de purges, lorsque la flore est devenue trop malsaine (trop riche en mauvaises bactéries pathogènes).

Probiotiques et prébiotiques

Les probiotiques sont des compléments alimentaires composés de diverses souches bactériennes « amies » destinées à rétablir une flore digestive normale. Ils sont donnés sous forme de capsules ou comprimés. Leur efficacité est liée à leur forme d’administration qui doit permettre à ces souches bactériennes d’atteindre saines et sauves l’intestin sans être détruites par l’acidité de l’estomac.

Les prébiotiques sont des substances favorisant la fixation et la bonne prolifération des bactéries probiotiques  Ce sont souvent des facteurs nutritifs de ces bactéries. Parmi eux : les FOS (fructo-oligo-saccharides) et l’Inuline (que l’on retrouve dans la chicorée par exemple). Les aliments riches en fibres sont en général de bonnes sources de prébiotiques. Le problème est qu’il peuvent être mal tolérés (surtout crus) par la muqueuse intestinale lorsqu’elle est enflammée. Dans ce cas, il faut introduire prudemment les prébiotiques pour aider à reconstituer petit à petit une bonne flore sans irriter l’intestin.

Intolérances alimentaires

Les intolérances à certains aliments sont caractérisées par une réaction immunitaire avec fabrication d’immunoglobulines spécifiques (anticorps) contre l’aliment en question.

Il faut différencier allergie immédiate et intolérance. L’allergie classique (allergie de type I à IgE) entraîne des réactions rapides et souvent violentes au contact des aliments (urticaire, asthme, oedème de Quincke…), alors que l’intolérance (allergie de type 2 à IgG) se manifeste plus lentement et plus insidieusement sous des formes très variées. Cette dernière peut être ignorée alors que des troubles se développent à bas bruit, comme des perturbations de l’immunité ou encore l’accumulation de complexes immuns toxiques circulant dans le sang.

Les intolérances alimentaires peuvent déclencher certains troubles digestifs (irritations, inflammation, ballonnements…) mais pas forcément. A titre d’exemple, elles peuvent être liées à des états de fatigue inexpliqués, des problèmes de peau, des maladies inflammatoires, des troubles de l’humeur, de douleurs tendineuses ou diffuses, etc…

Des examens de sang ou des tests cutanés permettent de les dépister. Elles sont fréquentes et se traitent en éliminant l’aliment en cause pendant quelques mois et, éventuellement, en restaurant la muqueuse intestinale si elle est devenue trop perméable.
Voir l’article sur immunonutrition et intolérances alimentaires

Irrigations du colon et lavements

Depuis des millénaires les lavements du colon sont recommandés pour traiter certaines affections. Aujourd’hui, certains utilisent des appareils permettant d’irriguer le colon avec de l’eau ou des solutions spécifiques (sels minéraux, huiles, micronutriments, plantes…) et d’aspirer les matières de façon hermétique.

Sans aller jusqu’à en faire une panacée, les lavements sont intéressants s’ils sont utilisés à bon escient. Ils sont d’ailleurs très prisés en médecine ayurvédique et certaines médecines alternatives.

Le principe est d’aider à restaurer les fonctions d’assimilation et élimination coliques. Dans le même temps, on cherche à nettoyer des flores intestinales déséquilibrées ou malsaines, puis à les restaurer, en modifiant son alimentation, et/ou par des jeûnes, et/ou par la prise de bactéries probiotiques.

Conclusion : votre digestion d’abord

Au final, dans une approche anti-âge (ou pour la santé en général), la rôle de l’intestin est à considérer avant tout, en comprenant qu’il est fortement dépendant de notre microbiote et que cet ensemble est à la base de nombreuses fonctions vitales.

C’est un domaine où il est assez facile d’intervenir de façon naturelle et de retrouver un équilibre durable pour peu que l’on adopte de saines habitudes (voyez ici comment améliorer sa digestion à tout âge ).