Une étude israélienne vient de montrer qu’un « rajeunissement cellulaire » serait possible après avoir utilisé l’oxygénothérapie hyperbare chez 35 sujets de plus de 64 ans.

Respirer de l’oxygène pour rajeunir mais pas n’importe comment

Dans cette expérimentation, les sujets ont respiré de l’oxygène pur en surpression, 90 minutes par jour, 5 jours par semaine, pendant 3 mois. Mais le plus important, apparemment, serait que cette sur-oxygénation était entrecoupée régulièrement de périodes de 5 mn en respiration normale. Les fluctuations du niveau d’oxygène ainsi créées donneraient aux cellules du corps l’impression d’un manque d’oxygène (alors que ce n’est pas réellement le cas), auquel il répondrait par de la régénération cellulaire.

contrôle de pression oxygeneA l’issue de ce traitement, les deux effets biologiques constatés ont été :

  • l’allongement des télomères. On sait que ceux-ci sont comme des « capuchons » protecteurs des extrémités de notre ADN, et qu’ils se raccourcissent avec l’avancée en âge (voir ici : télomères et télomérase).
  • la diminution du nombre de cellules sénescentes, dont le nombre augmente normalement avec l’âge (voir cet article pour en savoir plus).

Ainsi, l’évolution de ces deux marqueurs du vieillissement a été inversée par ce soin. Michael Jackson, qui dormait dans un caisson d’oxygénothérapie hyperbare, pour rester jeune, avait peut-être bien raison.

Notons cependant que l’étude a porté uniquement sur les cellules sanguines des sujets (des globules blancs). On ne sait donc pas si de tels effets auraient aussi eu lieu dans d’autres tissus ou organes du corps.

Oxygène en plus, ou privation ?

L’oxygènothérapie fait déjà partie des remèdes naturels anti-âge, et l’on en connait déjà des effets positifs sur la santé et la longévité, notamment  :

Cette étude vient en montrer le bien fondé avec des arguments de poids.

Ceci dit, et c’est là une idée fort bien trouvée, l’hyperoxygénation est  ici entrecoupée de pauses de 5 mn. C’est une énorme différence. Ces fluctuations à la baisse de l’apport d’oxygène ont bien l’air de stimuler la régénération cellulaire, comme dans la privation d’oxygène simple, pouvant être attribuée au phénomène d’hormèse.

L’hormèse est le processus où un système vivant réagit à un stress court par une adaptation qui va le renforcer. Les auteurs de l’étude évoquent justement ce principe et ses effets protecteurs. Il a ainsi été démontré précédemment que la baisse du niveau d’oxygène dans les cellules favorise leur régénération (voir cet article de l’Inserm 2019), qu’elle améliorait les défenses antioxydantes, et favorisait la fabrication de nouveaux capillaires sanguins, entre autres…

Alors, dans l’étude présente, est-ce l’hyper-oxygénation qui donnerait ces résultats anti-âge ? l’effet de baisse brutale de l’oxygénation ? ou bien peut-être l’alternance des deux ?

Il sera intéressant d’en savoir plus.

Les sujets ont-il réellement rajeuni ?

La longueur des télomères est aujourd’hui, selon les scientifiques, un des marqueurs les plus corrélés au vieillissement, voire le plus pertinent à ce jour.

D’autre part, le pourcentage de cellules sénescentes présent dans le corps est plus qu’un simple marqueur. C’est aussi un des effets majeurs du vieillissement, avec ses répercutions négatives sur les fonctions et performances des tissus et organes.

Maintenant, la modification des marqueurs du vieillissement ne veut pas forcément dire inversion du processus de vieillissement qui est, de toutes façons, complexe et multi-factoriel. Aussi, contrairement à ce que titrent un peu vite certains médias, gardons un peu de recul sur les résultats de cette étude. Si la taille retrouvée des télomères de globules blancs observés correspond en théorie à 25 années de moins, les sujets étudiés n’ont pas pour autant rajeuni de 25 ans. Cela se saurait.

Les chercheurs reconnaissent d’ailleurs qu’il faudra étudier la durée effective de ces résultats.

Enfin, pour information, un allongement des télomères a déjà été démontré avec :

Quoiqu’il en soit, ce soin particulier d’oxygénothérapie, décrit dans cette étude, parait effectivement bénéfique dans le vieillissement (des globules blancs tout au moins). Nous restons curieux d’en savoir plus sur l’évolution des effets constatés dans le temps, et aussi sur les performances physiques et psychologiques des sujets après traitement, par exemple.