bacteries

Ce bilan va permettre de déceler des anomalies dans la composition de votre flore bactérienne digestive ainsi que dans la fonction d’absorption-élimination de votre muqueuse intestinale.

Article mis à jour le 20/09/2019

Votre intestin doit assurer deux grandes fonctions :
1 . l’absorption des nutriments indispensables
2 . l’élimination de certains déchets et toxines.

Pour cela, deux éléments sont très importants : la perméabilité de la muqueuse intestinale et l’équilibre de la flore intestinale (écosystème intestinal). Vous trouverez ci-dessous les examens les plus couramment utilisés en médecine anti-âge, qui étudient principalement ces deux aspects.

La perméabilité intestinale

La muqueuse intestinale est extrêmement fine (une seule couche de cellules), comme du papier à cigarette. Elle peut facilement être lésée ou enflammée, et dans ce cas, devenir trop perméable, laissant ainsi passer des fragments d’aliment insuffisamment digérés ou de bactéries, des toxiques, etc… Il existe des tests spécifiques permettant de mettre en évidence cette trop grande perméabilité (appelée « leaky gut »).

Le test au Mannitol est le plus classique bien que peu de laboratoires le proposent. Il s’agit d’ingérer ce sucre, puis de doser, plus tard, dans les urines, la fraction de ce sucre qui a été absorbée dans l’intestin. Il est aussi possible de doser dans le sang certaines protéines comme la zonuline.

Les tests d’intolérances alimentaires sont aussi une façon d’apprécier la perméabilité intestinale. En effet, les intestins trop perméables vont souvent entraîner des intolérances multiples aux aliments. Ces tests se font sur un prélèvement sanguin, et dosent les anticorps (IgG) que l’organisme fabrique contre certains aliments. Ceci est différent de l’allergie classique à un aliment qui correspond à un autre type d’anticorps : les IgE.

Ces examens ne sont pas faits par tous les laboratoires d’analyse et ne sont pas remboursés SS.

Contrôler la flore intestinale

examen bacteries intestin au microscopeCette flore (appelée microbiote) étant constituée de plus de 500 espèces différentes connues, un examen microscopique des selles permet de quantifier les grands groupes de bactéries qui habitent naturellement notre intestin. Ces groupes doivent normalement s’équilibrer.

Par exemple :

  • certains bactéries pouvant donner des maladies (dites « pathogènes » comme escherichia coli) ne doivent pas dépasser une certaine quantité dans le microbiote
  • la flore de putréfaction doit s’équilibrer avec la flore de fermentation
  • certains micro-organismes comme certaines levures (candida albicans, aspergillus, p. ex.) doivent être très peu présents
  • les parasites doivent être absents (vers et autres…), etc…

Le laboratoire d’analyses médicales va doser tout cela dans les selles et fournir une évaluation de la répartition des espèces bactériennes et fongiques (levures) digestives. Il s’agit du fécalogramme ou examen coprologique.

Il est aussi possible de doser les produits secrétés par les bactéries ou levures indésirables (ou trop nombreuses) dans l’intestin. Ces produits (appelés métabolites bactériens) sont en principe absorbés par la muqueuse digestive, vont dans le sang, puis sont éliminées dans les urines où ils sont mesurables. Il s’agit du dosage urinaire des métabolites qui peut donc mettre en évidence des « dysbioses » (déséquilibres de la flore intestinale) et leurs conséquences toxiques.

En général, quand une catégorie de bactéries (ou de levures) se développe anormalement, elle s’alimente de certains acides aminés essentiels, comme par exemple le tryptophane ou la tyrosine, puis elle et relâchera le métabolite issu de cet acide aminé qu’elle aura en quelque sorte « digéré ». Dans cet exemple, ces acides aminés vont alors manquer à l’organisme (malabsorption), entrainant des effets comme des troubles de l’humeur ou de la dépression.

en savoir plus sur la flore intestinale

Autres examens biologiques de la fonction intestinale

L’examen de selles, vu plus haut, permet d’évaluer la flore intestinale mais également de mesurer les fibres alimentaires présentes, l’état de leur digestion et de celle des principaux groupes d’aliments : lipides, glucides et protéïnes.

Des marqueurs de l’inflammation peuvent aussi être détectés par cet examen (IgA sécrétoires, calprotectine, antitrypsine, élastase, etc…).

Le Ph des selles (acidité ou alcalinité) peut également être révélateur de certains troubles.

Les enzymes pancréatiques peuvent se doser dans les selles pour voir si le pancréas en produit toujours assez, car cette sécrétion de facteurs digestifs diminue avec l’âge.

Le dosage sanguin des anticorps anti-candida (ou contre d’autres levures) permet de détecter une candidose ou autre mycose digestive, pas toujours faciles à voir en examen des selles.

En pratique, le fécalogramme est un premier examen qui permet d’évaluer le fonctionnement global et la flore de l’intestin. Les autres examens permettent d’aller plus loin si l’on suspecte des troubles particuliers. Un médecin expérimenté doit être capable de les prescrire avec pertinence.