consultation anti-âge

On connaît surtout la DHEA en anti-âge mais celle-ci est directement issue de la transformation de la pregnénolone, son précurseur, qui diminue également en vieillissant. Cette dernière a aussi ses effets spécifiques, intéressants en médecine anti-âge.

Article mis à jour le 05/01/2024

La pregnénolone, c’est quoi ?

La pregnénolone est une hormone stéroïdienne produite naturellement dans l’organisme à partir du cholestérol (comme la vitamine D), souvent considérée comme la « mère » de toutes les hormones stéroïdiennes car, par transformations successives, c’est un précurseur pour ces autres hormones, dont pour simplifier :

hormones stéroides

Elle est synthétisée principalement dans les glandes surrénales mais aussi dans les ovaires ou testicules, le foie, la peau et le cerveau. Elle est impliquée dans la fonction de réponse au stress, et contribue à l’adaptation du corps à cette situation. Elle intervient dans différentes fonctions :

  • neurologie : la pregnénolone agit sur le système nerveux central. On pense qu’elle peut avoir des propriétés neuro-protectrices, améliorer la mémoire et la cognition, et influencer positivement l’humeur.
  • défenses immunitaires : certaines recherches montrent une influence de la pregnénolone sur le système immunitaire, bien que les mécanismes exacts ne soient pas élucidés. Elle pourrait avoir des effets immunomodulateurs.
  • fonction cardio-vasculaire : la pregnénolone pourrait avoir des effets bénéfiques sur cette fonction. Des recherches supplémentaires sont toutefois nécessaires pour mieux en comprendre les mécanismes.
  • production d’énergie cellulaire
  • densité osseuse : certaines études ont montré une contribution positive sur la densité osseuse.
  • antioxydant : la pregnénolone peut aussi avoir une action antioxydante, pour neutraliser les radicaux libres dans l’organisme, participant ainsi à la protection des cellules contre les dommages oxydatifs.

Les troubles liés au manque de pregnénolone

homme fatigueIls peuvent être de deux ordres : ceux consécutifs au manque d’hormones stéroïdiennes et sexuelles qui en découle, et ceux liés aux troubles des fonctions citées plus haut, dans lesquelles la pregnénolone intervient plus directement.

On constate une baisse généralement nette des taux de sulfate de pregnénolone sanguine avec l’avancée en âge, souvent dès la cinquantaine. La baisse atteindrait environ 60% vers 75 ans (6). Ceci en fait un produit assez souvent intéressant en médecine anti-âge.

Les signes d’une pregnénolone trop basse peuvent inclure :

  • la fatigue,
  • les troubles du sommeil,
  • une baisse de libido secondaire,
  • une baisse de mémoire et de concentration,
  • un état dépressif et/ou anxieux…

Notons aussi qu’une étude a montré que les sujets à Alzheimer ont généralement des taux de pregnénolone plus bas que la moyenne.

Les effets potentiels de la pregnénolone en anti-âge

Diverses études ont suggéré que la supplémentation en pregnénolone pouvait avoir des effets positifs dans divers troubles liés au vieillissement. Selon nous, cette supplémentation ne devrait se faire qu’en cas de baisse avérée des taux sanguins. En voici les principaux effets potentiels :

  • amélioration de la mémoire, la cognition et la concentration : avec une augmentation de certains neurotransmetteurs dont l’acétylcholine (qui manque chez les patients Alzheimer) (7)
  • amélioration des douleurs et inflammations articulaires : elles peuvent avoir diverses causes sans rapport avec la baisse hormonale mais une pregnénolone trop basse peut limiter la fabrication de cortisol, notre anti-inflammatoire naturel (8). Une étude a montré des effets positif chez des gens atteints de polyarthrite rhumatoïde, une grave maladie inflammatoire, avec 200 à 300 mg de pregnénolone par jour (9).
  • meilleurs niveaux d’énergie en général : ce qui peut être utile chez les personnes en état de fatigue liée à une faiblesse du fonctionnement de leurs glandes surrénales (après un stress permanent par exemple) (9)
  • effets positifs sur la dépression. De même, il a été montré que les dépressifs avaient généralement des niveaux de pregnénolone trop bas.
  • libido améliorée et symptômes de la pré-ménopause réduits…

Ces effets restent potentiels et ne font pas de la pregnénolone une panacée anti-âge. Ses effets dépendent de divers facteurs et besoins variant d’une personne à l’autre, et bien entendu du dosage qu’il faudra adapter. Il faut utiliser les doses utiles les plus faibles en procédant progressivement. A l’opposé, l’expérience montre qu’il faut souvent des prises plus importantes que les doses habituellement préconisées (qui sont autour de 50 mg par jour). Pour information, plusieurs études ont montré l’absence d’effet secondaire avec des prises allant jusqu’à 300 mg voire plus par jour. L’avis d’un professionnel de santé expérimenté est important.

Des effets indésirables peuvent se voir en cas de niveaux excessifs. Ils peuvent entraîner des troubles tels que l’insomnie, l’irritabilité, des maux de tête, voire des perturbations hormonales.

Le yam (igname) est une plante classiquement utilisée contre certains troubles de la ménopause. Elle peut apporter naturellement les éléments nutritionnels nécessaires à la production de pregnénolone.

Pregnénolone et DHEA : précurseurs hormonaux ou hormones ?

pregnenolone gelule et DHEAPour la fabrication des hormones stéroïdes et sexuelles, votre corps utilise son cholestérol qu’il transforme successivement en différents sous-produits. Pour simplifier, nous dirons qu’il est transformé d’abord en pregnénolone. Celle-ci va ensuite donner la progestérone et la DHEA. Cette dernière se transformera en testostérone qui donnera l’estradiol (oestrogène).

La pregnénolone est produite par nos mitochondries* . Aussi, sa baisse de production est liée à la baisse d’activité et de performance des mitochondries, généralement constatée avec l’âge (voir notre article sur l’énergie vitale).

Notez que la pregnénolone est aussi à l’origine de la production de cortisol, notre anti-inflammatoire naturel, ce qui explique vraisemblablement l’amélioration souvent constatée sur les douleurs articulaires.

On pourrait penser qu’en prenant de la pregnénolone, on va augmenter les taux sanguins de toutes les autres hormones qui en dérivent. C’est souvent le cas mais ça n’est hélas pas si simple ! En fait, pour passer d’une hormone à l’autre, le corps a besoin d’enzymes spécifiques à chaque transformation. Le problème, c’est que ces enzymes (que notre corps fabrique) peuvent se raréfier avec l’âge, tout comme la plupart des hormones. Ainsi, la transformation hormonale normale, en cascade, est perturbée en vieillissant.

Autrement dit, le fait de prendre de la pregnénolone ne va pas forcément faire monter la testostérone et les oestrogènes, par exemple. En revanche, remarquons que la prise de DHEA comme de pregnénolone ne bloque pas la production hormonale des glandes surrénales comme nous le verrons plus bas.

Selon les auteurs, pregnénolone et DHEA sont définis comme « hormones » ou bien comme « précurseurs hormonaux ». Les avis sont partagés. Néanmoins, celles-ci ont chacune des propriétés particulières avec des effets spécifiques sur le corps, et des récepteurs cellulaires bien définis. C’est bien là l’important.

Si on prend de la pregnénolone, doit on arrêter la DHEA ?

Pas forcément. La pregnénolone peut effectivement se transformer en DHEA puisque c’est la voie naturelle dans notre corps mais cela ne fonctionne pas toujours très bien. Chaque cas est particulier. C’est une question de dosage et d’équilibre entre les hormones.

Prendre de la pregnénolone ne va pas forcément faire augmenter la DHEA ou parfois peu. Tout dépend du taux d’enzyme spécifique à cette transformation que l’on possède. Si ce taux était intact, l’augmentation de la DHEA serait fort probable mais à partir d’un certain âge, l’enzyme manque. En vieillissant, l’augmentation du taux de DHEA en prenant de la pregnénolone ne se fera pas forcément, ou bien peu.

Ce qui est intéressant avec DHEA et pregnénolone, c’est que leur prise ne semble pas mettre au repos les glandes qui les produisent (comme avec certains traitements hormonaux dits substitutifs : cortisol, oestrogènes, testostérone, hormones thyroïdiennes…). C’est pour cela que certains les qualifient de « pro-hormones » ou précurseurs hormonaux » et pas de véritables hormones. Certaines études ont même montré, à l’inverse, des effets de stimulation des glandes surrénales (3)(4).

L’association DHEA et pregnénolone en pratique

Il est tout à fait cohérent d’associer la pregnénolone à la DHEA à partir d’un certain âge (où dans certaines faiblesses des glandes surrénales), à plus forte raison si une analyse sanguine montre une diminution des deux hormones.

En général et en pratique, les doses utiles de pregnénolone sont bien supérieures à celles de DHEA. Chaque cas est particulier. Un médecin expérimenté dans ces traitements peut (et doit) juger de la réponse du sujet traité, et adapter alors les quantités de ces précurseurs des hormones sexuelles.

Notons que DHEA et pregnenolone sont facilement disponibles et comportent, en général, peu de risques. Cependant, il est préférable d’avoir l’avis d’un médecin qui connaît ce sujet avant d’en consommer, et surtout pas à l’aveuglette… L’analyse des symptômes présentés par chacun (donnant une idée des niveaux hormonaux) et celle des taux sanguins, sont les bienvenues pour le confirmer. Ces dernières doivent être un préalable à tout traitement.

Bibliographie

  1. Chen W, Tsai SJ, Sheu HM, Tsai JC, Zouboulis CC.
    Exp Dermatol. 2010 May;19(5):470-2. doi: 10.1111/j.1600-0625.2009.00996.x. Epub 2010 Mar 10. Testosterone synthesized in cultured human SZ95 sebocytes derives mainly from dehydroepiandrosterone.
  2. Liere P, Pianos A, Eychenne B, Cambourg A, Bodin K, Griffiths W, Schumacher M, Baulieu EE, Sjövall J.
    J Lipid Res. 2009 Dec;50(12):2430-44. doi: 10.1194/jlr.M900162-JLR200. Epub 2009 Jun 8. Analysis of pregnenolone and dehydroepiandrosterone in rodent brain: cholesterol autoxidation is the key.
  3. Brownie, A. C., & Davis, J. S. (1992). Dehydroepiandrosterone and pregnenolone stimulate [3H] pregnenolone production in rat corpus luteum. Endocrinology, 130(6), 3181-3187.
  4. Sasano H, Miki Y, Adachi K, Suzuki T. (2003). Effect of dehydroepiandrosterone on steroidogenesis examined by a histochemical method using monoclonal antibodies. J Endocrinol. 176(2):265-72. doi: 10.1677/joe.0.1760265
  5. Zhu, Y., Rice, C. D., Pang, Y., Pace, M., Thomas, P., & Hoover, R. S. (2003). The impact of dehydroepiandrosterone sulfate and its metabolites on neurogenesis, sex steroid synthesis, and cell death in cultured neural cells. Endocrinology, 144(8), 3168-3179.
  6. Havlikova H, Hill M, Hampl R, Starka L. Sex- and age-related changes in epitestosterone in relation to pregnenolone sulfate and testosterone in normal subjects. J Clin Endocrinol Metab. 2002 May;87(5):2225-31.
  7. Darnaudery M, Pallares M, Piazza PV, Le Moal M, Mayo W. – The neurosteroid pregnenolone sulfate infused into the medial septum nucleus increases hippocampal acetylcholine and spatial memory in rats – Brain Res. 2002 Oct 4;951(2):237-42.
  8. McGavack TH, Chevalley J, Weissberg J. – The use of delta 5-pregnenolone in various clinical disorders. J Clin Endocrinol Metab. 1951 Jun;11(6):559-77
  9. Roberts E. – Pregneolone—from Selye to Alzheimer and a model of the pregnenolone sulfate binding site on the GABAA receptor. Biochem Pharmacol. 1995 Jan 6;49(1):1-16