fumeur obèse et âgé

Les études ont montré que certaines personnes sont plus exposées aux dégâts de l’oxydation corporelle. Celle-ci accélère les effets du vieillissement et des maladies qui l’accompagnent. Il s’agit surtout des sujets âgés mais aussi des fumeurs et des personnes en excès de poids.

Dans la population générale, des groupes ayant plus de risques de stress oxydatif (un processus d’oxydation trop élevé et mal contrôlé par le corps) ont été identifiés. Il ont souvent des apports d’anti-oxydants insuffisants. Ce sont :

  • les sujets âgés (en général de plus de 70 ans),
  • les fumeurs (surtout des personnes fumant près d’un paquet par jour, mais même celles fumant un peu moins, voir celles victimes de fumée passive ou même vapotant…),
  • les sujets ayant une alimentation excessive et/ou déséquilibrée et souvent donc obèses
  • les femmes ménopausées.

Ces personnes vont avoir des défenses antioxydantes diminuées, parfois assez fortement et, en général aussi, bien sûr, une production de radicaux libres augmentée.

Femmes ménopausées et stress oxydant

Des études récentes mettent clairement en évidence un assez fort développement du stress oxydatif à la ménopause (voir les Études de Trevisan et Coli… en 2001). Des altérations du statut en micronutriments antioxydants sont très souvent observées chez la femme ménopausée et même en pré-ménopause (Bureau et Coli…2002). Ceci amène à penser à un lien entre la survenue de pathologies très fréquentes après la ménopause, telles que diabètes de type 2, ostéoporose, cancers et maladies cardio-vasculaires et ces déficits en antioxydants.

L’étude bien connue du Val de Marne a bien mis en évidence des déficits d’apports et de statuts en sélénium, cuivre et zinc dans une partie importante de la population féminine après 50 ans. En ce qui concerne les vitamines, la même étude montre des insuffisances d’apport surtout chez les adultes (tous sexes confondus) de plus de 50 ans : près de 20% pour la vitamine C et même 50 à 90% pour la vitamine E. Il s’agit de vitamines dont l’importance n’est plus à démontrer à cette période de la vie.

Les sujets âgés souvent carencés en anti-oxydants

Avec l’âge, la fréquence des pathologies dégénératives liées au vieillissement, à la production nettement augmentée de radicaux libres, et aux apports insuffisants d’anti-oxydants, s’accroit. L’augmentation du stress oxydatif chez la personne âgée, mise en évidence par une augmentation de l’oxydation des graisses (peroxydation lipidique) et une diminution des enzymes antioxydants est bien documentée. Elle est en rapport étroit avec une diminution des apports alors que les besoins en antioxydants augmentent dans le but de faire face et de protéger des pathologies oxydatives.

Chez la personne âgée autonome, saine, vivant à domicile, la prévalence des insuffisances du statut en micronutriments peut être comparée à celle trouvée chez des sujets plus jeunes (Étude Euronut SENECA, 1991).

femme très âgéeToutefois, le grand âge, l’entrée en EMS (Établissement Médico-Social) et l’apparition de pathologies plus ou moins lourdes, vont amener des déficits d’apports et de statuts en micronutriments antioxydants.

Ainsi, à l’entrée dans l’Étude Minvitaox, plus de 75% des personnes âgées de plus de 80 ans et pensionnaires d’EMS présentent une insuffisance en 2 micronutriments antioxydants au moins. Parmi ceux-ci, la vitamine C, le sélénium et le zinc sont ceux dont les déficits statutaires sont les plus importants (Monget et Coll,1996).

Le statut vitaminique du sujet âgé, étroitement dépendant de sa nutrition, est en relation avec ses fonctions cognitives. Les résultats des Études épidémiologiques mettent en évidence le rapport étroit entre le déclin des fonctions cognitives et le stress oxydatif. Les liens les plus significatifs apparaissent avec le complexe des vitamines B (la B9 en particulier), la vitamine C, la vitamine A et les caroténoïdes.

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Les personnes obèses

corps de personne trop grosse Le sujet obèse est à très haut risque de stress oxydatif, d’une part à cause de défenses antioxydantes amoindries, et d’autre part, une hyper-production de radicaux libres. Si l’augmentation des marqueurs du stress oxydatif est clairement mise en évidence par des études récentes chez le sujet obèse comme chez l’animal (rats et souris génétiquement obèses), par contre, les mécanismes exacts qui aboutissent à la rupture de la balance pro-oxydants/anti-oxydants ne sont encore pas très clairs.

Chez l’homme, l’obésité amène une peroxydation lipidique (oxydation des graisses) augmentée et une diminution de l´activité sanguine des enzymes anti-oxydantes SOD (superoxyde dismutase qui a besoin de Cuivre et de Zinc pour agir) et GPx (glutathion peroxydase qui a besoin de sélénium). Ceci a été démontré par Olusi et coll en 2002.

L’obésité androïde, de type abdominale, est corrélée à une production accrue de marqueurs sanguins de l’oxydation des lipides : les TBARS. De même, elle conduit à une activation des plaquettes sanguines (Davi et coll.2002). Il est important de mettre en évidence que ces marqueurs sont inversement corrélés à la sensibilité à l’insuline.

L’insulinorésistance cellulaire semble être un des facteurs principaux et incontournables du risque oxydatif. Dans le syndrome d’insulinorésistance, la production exagérée de radicaux libres découlerait de l’auto-oxydation du glucose. L’hyper-insulinémie, en adéquation avec la surcharge graisseuse, contribue au dérèglement du métabolisme des acides aminés méthylés et aboutit à une élévation de l’homocystéine sanguine (Gallisti et coll. 2000 et Sanchez-Margalet etcoll.2002), aggravant, comme on le sait, le risque de problèmes cardio-vasculaires.

L’obésité aggrave également le risque de développer, au niveau de l´œil, une cataracte.

Le mauvais fonctionnement endothélial (de la paroi des vaisseaux), qui amène des complications vasculaires graves, est lui aussi directement corrélé au stress oxydatif. Chez le sujet obèse, ledit dysfonctionnement est d’autant plus sévère que l’indice de masse corporelle (l’IMC ou le BMI, soit le « body mass index) est élevé » (calculez votre poids idéal ici). L’IMC est lui-même associé au stress oxydatif.

Enfin, chez les sujets en surpoids, on note une augmentation de la synthèse intestinale des lipoprotéines (plus de fabrication des protéines porteuses de graisses au niveau de l’intestin), de même que de leur oxydation. On retrouve aussi un syndrome d’insulinorésistance et, par voie de conséquence, un risque décuplé de maladies et de problèmes cardio-vasculaires.

Le statut en micronutriments antioxydants est altéré et modifié chez la personne obèse. Le manque de zinc, par exemple, est corrélé à des altérations du métabolisme de la cellule graisseuse (adipocyte), à l’insulinorésistance et à l’obésité. Le zinc dans les globules rouges (érythrocytaire) et le zinc plasmatique sont diminués, alors que les fuites urinaires sont majorées. Une activité diminuée de l’enzyme antioxydante SOD (superoxyde dismutase), associée à un zinc plasmatique abaissé, a aussi été récemment mise en évidence (Ozata et Coll.2012).

Or le zinc, en plus de son rôle d’antioxydant naturel, assure des fonctions très importantes dans l’insulino-sensibilité, le métabolisme thyroïdien et la régulation de la chaleur corporelle. Le zinc serait aussi susceptible d’être un médiateur dans la production de la leptine chez l’homme (cette hormone découverte il y a peu et qui donne la satiété).

Toutes les mesures du statut vitaminique, chez l’enfant obèse (Morinobu et Coll. 2002), l’adolescent (Neuhpuser et Coll. 2001), comme chez l’adulte obèse (Wallstrom et Coll. 2011), concordent pour décrire des taux très bas en caroténoïdes sanguins (vitamine A), en vitamine C et E. Il semble que la composition des lipoprotéines soit également plus basse en vitamines liposolubles anti-oxydantes (A, D, E, K).

Les fumeurs

cigarettesLe déficit biologique en vitamine C et en caroténoïdes (vitamine A), résultant d’une part de comportements alimentaires inadéquats (consommation de fruits et légumes insuffisantes, voire parfois presque nulle…) et d’une autre part d’une production accrue de radicaux libres liée au tabagisme lui-même, les expose à un risque fortement augmenté de cancers et de maladies cardio-vasculaires.

Conclusion

L’oxydation est l’un des phénomènes majeurs liés au vieillissement. Notre organisme est pourvu de mécanismes de défense antioxydants. Si certaines situations comme l’âge, l’obésité, l’exposition au tabac et aux polluants favorisent l’oxydation, il faut être particulièrement vigilant à assurer des apports nutritionnels suffisants (voire plus importants) en anti-oxydants, qu’il s’agisse d’enzymes, de substances végétales ou de nutriments essentiels…