creme visageLe rétinol est depuis longtemps un actif de référence pour lutter contre le vieillissement de la peau. Il stimule le renouvellement des cellules, améliore la texture de la peau et favorise la production de collagène. Néanmoins, il peut aussi provoquer sécheresse, rougeurs et irritation.

Aujourd’hui, la cosmétique anti-âge évolue vers une approche plus globale : il ne s’agit plus seulement d’accélérer le renouvellement de la peau mais aussi de soutenir ses mécanismes naturels de réparation.

Le vieillissement de la peau ne dépend pas que du collagène

Avec l’âge, les fibroblastes du derme deviennent moins actifs. Ces cellules fabriquent moins de collagène, d’élastine et d’une partie de la matrice autour des cellules qui donne à la peau sa fermeté.

Le problème n’est donc pas uniquement une destruction progressive du collagène bien que cela soit très important.

Parallèlement, des cellules deviennent sénescentes. Elles sont vieilles, ne se divisent plus mais n’ont pas été éliminées comme cela devrait. Elles restent présentes dans les tissus et libèrent, en outre, des molécules inflammatoires qui perturbent les cellules saines alentour.

À cela s’ajoutent le stress oxydatif, les UV, la glycation et l’inflammation chronique, qui accélèrent la dégradation du collagène.

Cette nouvelle cosmétique cherche donc à agir sur plusieurs de ces mécanismes à la fois.

Les peptides : envoyer de meilleurs signaux aux cellules

peptidesLes peptides sont de petites chaînes d’acides aminés capables, pour certains, d’agir comme des signaux biologiques (voir notre article sur les peptides de longévité).

Ils peuvent notamment stimuler les fibroblastes pour augmenter la production de collagène ou de composants de la matrice extracellulaire.

Ils ne provoquent généralement pas d’irritation comme le rétinol ou la vitamine A acide, ce qui les rend intéressants pour les peaux sensibles ou dans des programmes anti-âge de longue durée.

Les facteurs de croissance : améliorer la communication cellulaire

Les facteurs de croissance, comme l’EGF, sont des molécules naturellement utilisées par les cellules pour communiquer entre elles. Ils participent aux phénomènes de réparation, de régénération et de renouvellement tissulaire. Leur utilisation en cosmétique vise notamment à améliorer la texture de la peau et à soutenir l’activité cellulaire.

Leur efficacité dépend toutefois fortement de leur formulation et de leur capacité à pénétrer suffisamment la peau en profondeur pour agir.

Le PDRN : stimuler la réparation

serum au pdrn et ADNLe PDRN, composé de fragments d’ADN, fait partie de la médecine régénérative. Il est étudié pour la réparation tissulaire, améliorer la microcirculation et certains mécanismes inflammatoires. On le retrouve désormais dans des sérums et des crèmes anti-âge, souvent associé aux peptides ou à la niacinamide (vitamine B3).

C’est une piste intéressante mais il faut distinguer les résultats obtenus avec des traitements médicaux, de ceux d’un simple cosmétique appliqué sur la peau.

En effet, tous ces actifs sont désormais utilisés en médecine esthétique et notamment par injections (mésolift, microneedling, skinbossters…). Dans ce cas, il est évident que le produit atteint sa cible. Des études à venir compareront certainement les résultats des crèmes et sérums versus injections.

Et les actifs plus classiques ?

Ils restent très utiles.

La niacinamide améliore la barrière cutanée et peut réduire l’inflammation. Le bakuchiol est étudié comme alternative végétale, mieux tolérée que le rétinol. Les céramides restaurent la barrière lipidique du derme, tandis que l’acide hyaluronique améliore surtout son hydratation.

La tendance actuelle est donc d’associer plusieurs mécanismes plutôt que de chercher un unique actif miracle.

Une nouvelle conception de la cosmétique anti-âge

Le futur des soins cutanés pourrait ainsi reposer sur quatre objectifs : protéger la peau, limiter l’inflammation, maintenir l’activité des fibroblastes, et favoriser les mécanismes naturels de réparation.

Le rétinol reste un excellent actif mais il n’est plus seul.

L’approche la plus logique consiste probablement à combiner stimulation, réparation et protection de la peau, tout en conservant la protection quotidienne contre les UV, ou encore contre les aliments favorisant l’oxydation et la glycation (surtout les sucres et les aliments grillés)…

Si des produits comme le rétinol ou l’acide rétinoïque ont largement démontré leurs effets sur le vieillissement de la peau, il faudra tout de même rester prudent. Comme à l’habitude, des cosmétiques pourront être mis sur le marché en vantant les mérites d’un nouvel actif sans que l’on sache vraiment s’il est assez efficace par simple application sur la peau.