manger pour éviter la cellulite

Avant tout, rappelons que les formes arrondies de la femme sont parfaitement normales. Elles font partie de ses critères sexuels et plaisent aux hommes (études scientifiques à l’appui*). De plus, la nature a prévu que la femme pouvait stocker plus facilement quelques réserves pour sa progéniture. Ne tombons donc pas dans le combat acharné systématique contre le moindre gramme de graisse, ce qui est totalement anti-naturel.

S’il n’existe pas de recette miracle, il y a néanmoins des règles d’hygiène alimentaire réduisant les facteurs aggravants de la cellulite. D’autre part, il est possible d’influencer les causes principales de la cellulite (terrain hormonal, circulation, élimination…) par le choix des aliments.

Y a t’il un régime qui marche contre la cellulite ?

Cellulite et excès de poids : c’est différent

Il ne faut pas confondre surpoids (trop de graisse) et problème de cellulite. Cette dernière est une graisse particulière, dont les cellules sont « malades ». Même très mince, une femme peut présenter des zones de cellulite. La cellulite possède trois caractéristiques principales :

l’hypertrophie des cellules graisseuses (adipose),
l’oedème des zones graisseuses atteintes (rétention d’eau locale),
la fibrose des zones touchées (fabrication de tissu fibreux entre les cellules graisseuses).

Tout cela crée un cercle vicieux où la circulation sanguine et les échanges entre les cellules adipeuses devient de plus en plus difficile.

En mangeant moins, on réduit l’adipose, les enzymes dans notre alimentation peuvent réduire une fibrose dans l’absolu et les diurétiques sont censés combattre l’oedème. Hélas, ce n’est pas si simple. S’il est certain que la réduction des apports caloriques finit par réduire globalement le volume global graisseux, il n’est pas aussi facile de diminuer en priorité les endroits où justement la cellulite s’accroche. Tout le monde sait qu’un régime standard réduit la masse grasse mais vient difficilement à bout d’une culotte de cheval, par exemple.

Ananas, papaye, cosses de haricots et queues de cerises…

Ces aliments, comme d’autres, ont été en vogue pour l’effet anti-cellulite qui leur a été attribué. Il est vrai que, dans la plupart des cas, il s’agissait d’aliments riches en enzymes (ananas, papaye…) ou encore diurétiques (queues de cerises…).

L’idée n’est pas mauvaise mais elle a pu conduire à des excès. Par exemple, ne manger que de l’ananas va certes faire perdre du poids et apporter des enzymes au corps mais ceci est totalement déséquilibré. De plus, une modification des causes de la cellulite par l’alimentation ne peut se faire que sur le long terme, en modifiant ses habitudes.

Prendre le mal à sa source

Plutôt que d’agir sur les effets, on peut essayer d’agir sur les causes de la cellulite. Celle-ci n’est pas une fatalité, même si certaines femmes y sont plus exposées que d’autres. La cellulite (ou hydro-lipodystrophie pour les savants) est généralement révélatrice d’un déséquilibre de santé global influencé par différents facteurs (mauvaise élimination des toxines, mauvaise circulation, terrain hormonal perturbé…).

S’attaquer aux différentes causes de la cellulite

La cellulite est multifactorielle

L’endroit où elle se localise révèle ses facteurs aggravants qui sont, en particulier :

l’excès de poids bien sûr (cellulite diffuse)
une mauvaise circulation veineuse (cellulite des cuisses jusqu’aux hanches) ou lymphatique (jambes en « poteau » des chevilles aux cuisses) ou capillaire (jambes et bras épaissis avec extrémités froides), ou plusieurs à la fois
un déséquilibre hormonal, en particulier excès d’oestrogènes, insuffisance de progestérone (cellulite du bassin et culotte de cheval surtout), mais aussi excès de cortisol et d’hormones androgènes (cellulite du haut du corps au dessus de la ceinture)
une mauvaise digestion (cellulite du ventre).

Pour en savoir plus sur la répartition de la graisses en excès, voir silhouette et alimentation

Cellulite et toxines

Pour les médecines complémentaires, la cellulite est vue comme une auto-intoxication, une difficulté à éliminer certaines toxines. Le ralentissement des organes d’élimination (reins, colon, foie…) aura tendance à aggraver la situation.

Pour rappel : vérifier la statique (posturologie) et bouger

Bien qu’éloignés de l’alimentation, les problèmes de posture tels que les scolioses, bascules du bassin, pieds plats, genoux désaxés… peuvent favoriser une culotte de cheval ou l’accumulation de cellulite sur la face interne des genoux par exemple. Il est souvent intéressant d’avoir l’avis d’un posturologue dans ce cas, afin de rectifier ce qui peut l’être par des moyens simples : rééducation, port de semelles orthopédiques, etc…

L’activité physique seule ne vient pas forcément à bout des problèmes de cellulite. On connait tous des grandes sportives qui ont du mal à se débarrasser de leur peau d’orange. Toutefois, rappelons-nous que ce problème est multifactoriel et peut nécessiter plusieurs remèdes visant chaque facteur aggravant. Le sport améliore déjà plusieurs d’entre eux :

– meilleure circulation sanguine et lymphatique dans le bas du corps
– augmentation des calories brûlées pendant l’effort donc perte de masse graisse générale
– gain de masse musculaire donc meilleure élimination de calories et meilleure dépense énergétique en général (même au repos). Pourquoi donc s’en priver ?

Excès d’anabolisme

En médecine intégrale, la cellulite est aussi liée à l’excès d’anabolisme (fonctions de fabrication et de stockage de notre corps trop importantes). Certaines personnes y sont plus exposées que d’autre, par leur constitution (leur nature).

En médecines orientales, l’anabolisme est caractérisé par les éléments eau et terre (c’est Kapha en Ayurvéda). Son rééquilibrage se fait en contrebalançant avec les éléments feu et air. Pour nous, occidentaux, cela revient à favoriser les fonctions métaboliques et cataboliques de l’organisme, soit, pour simplifier : la combustion et l’élimination. Pour faire cela en pratique, il faut d’abord comprendre les notions de constitution.

Voyons maintenant comment combattre la cellulite bien connue des femmes qui engendre la peau d’orange sur le bas du corps. Ses principaux facteurs aggravants sont les troubles hormonaux, circulatoires et de posture.

Ennemi n°1 : l’excès de sucres

patisseries, gateaux, chocolatsPour simplifier, nous appelons ici « sucres » les glucides d’absorption rapide (à index glycémique élevé) dont le plus connu est le saccharose de notre bon vieux sucre blanc. En effet, ces sucres favorisent la « glycation » des protéines. Comprenez : le durcissement de certains tissus, un peu comme du sirop qui caramélise à la cuisson. Le collagène devient de moins bonne qualité et les processus de fibrose (dont celui de la cellulite) augmentent.

De plus, ces sucres d’absorption rapide ont tendance à favoriser de sécrétions brutales d’insuline dans notre corps. Celles-ci favorisent le stockage des graisses dans nos adipocytes (cellules graisseuses). La réduction des sucres rapides est certainement une des habitudes alimentaires les plus efficaces contre les graisses localisées en bas du corps. Ainsi, bonbons, barres chocolatées, pâtisseries, etc… auront tendance à aggraver la cellulite. D’ailleurs, en médecine orientale, le goût sucré (doux) est sensé apporter la notion d’inertie, de ralentissement, d’augmentation de volume, de lourdeur, etc…

Bien sûr, les graisses et corps gras sont caloriques et doivent être utilisés modérément si l’on ne veut pas grossir. Cependant les graisses insaturées telles que les oméga 3 assouplissent les membranes cellulaires et favorisent les échanges (absorption et élimination) dans les tissus cellulitiques qui généralement en ont besoin. Moralité, il faut réduire les graisses cuites (graisses saturées), les graisses transformées (hydrogénées), et augmenter celles riches en acides gras insaturés et en particulier les oméga 3 : huiles 1° pression de noix, colza, olive, lin, chanvre, cameline, les salades, le poisson peu cuit, etc…

Il est frappant de constater comment les femmes asiatiques sont très peu sujettes à la cellulite. Leur alimentation traditionnelle n’y est certainement pas pour rien : quasiment pas de sucres rapides, pas de blé ni farines raffinées, plus d’oméga 3 et de fibres (plus de végétaux). Pour exemple, en lieu de pain beurre confiture, leur petit déjeuner traditionnel est une soupe.

L’excès de sel

Le sel n’est vraiment mauvais qu’en excès où il favorise les oedèmes et la rétention d’eau. A modérer, mais ne faites pas un régime sans sel. Pour saler, choisissez du sel de mer non raffiné qui contient aussi des oligo-éléments. Il existe aussi du sel de potassium (sans sodium) utilisé par les personnes atteintes d’hypertension artérielle. A considérer selon chaque cas.

Favoriser l’élimination

Certains aliments favorisent le fonctionnement des organes d’élimination :

– le foie est stimulé par les artichauts, le pissenlit, le boldo, le citron, le radis noir… c’est lui qui transforme les estrogènes en excès. Principal filtre sanguin, il mérite de ne pas se laisser encrasser, ce qui ralentirait le flux de sang veineux.

– le rein est stimulé par les endives, le fenouil, les asperges, des aliments qui luttent contre la rétention d’eau associée à la cellulite

– le colon est stimulé par les aliments riches en fibres : céréales complètes, pruneaux, graines de lin, poireau, salsifis… et plus généralement par tous les fruits et légumes.

Bien entendu l’eau pure est toujours bienvenue pour aider à éliminer.

Les aliments anticellulite dans l’approche intégrale

femmes asiatiques mincesPar une approche et une logique différentes, la médecine ayurvédique et chinoise arrivent à des conclusions proches des nôtres, avec quelques particularités intéressantes. Les aliments combattant la cellulite sont ceux à saveur amère (par ex. endives, café, chicorée, asperges, pamplemousse…), piquante (poivre, piments, gingembre, oignon, radis…) et astringents (haricots, lentilles, grenades, pommes, laitue, poires, céleri, chou, brocoli, chou-fleur, artichaut…).

Dans cette approche, il faut aussi éviter de manger des mets glacés ou des plats trop froids sortis du réfrigérateur par exemple.

Voici la liste :

Ail, Amande, Anis, Artichaut, Asperges, Aubergine, Avoine, Baies, Basilic, Betteraves, Brocolis, Carottes, Céleri, Céréales complètes, Cerises, Champignons, Chou, Coriandre, Cresson, Cumin, Curcuma, Epinards, Estragon, Fenouil, Figues, Fraises, Germe de soja, Gingembre, Graines de lin, Grenades, Haricots verts, Kakis, Laurier, Légumes verts, Menthe, Moutarde, Navets, Noix, Oignons, Origan, Paprika, Pêches, Piments, Pissenlit, Poireaux, Poires, Pois, Poivre, Poivrons, Pommes, Potiron, Prunes, Radis, Raifort, Raisin, Riz basmati, Romarin, Rutabaga, Sariette, Sarrazin, Soja, Tomate, Topinambour.

Une alimentation adaptée à chaque cas

Selon les facteurs les plus impliqués dans votre cas personnel, certains aliments seront plus indiqués que d’autres.

Cellulite fibreuse

Des enzymes protéolytiques sont classiquement employés en allopathie pour lutter contre la fibrose. On peut donc logiquement augmenter les aliments qui en contiennent beaucoup comme l’ananas, la papaye…

Troubles hormonaux

savoir choisir ses alimentsLa cellulite du bas du corps est souvent liée à un déséquilibre du rapport oestro-progestatif : soit trop d’oestrogènes, soit pas assez de progestérone. On pourrait penser dès lors que le soja n’est pas souhaitable puisqu’il contient des isoflavones qui stimulent des effets oestrogéniques. Certains auteurs pensent que le soja (qui ne contient donc pas directement d’oestrogènes) serait capable d’engendrer un effet favorable sur le climat oestrogénique uniquement lorsque celui-ci est insuffisant. Si l’on se réfère aux femmes asiatiques qui ont encore une alimentation traditionnelle, il est vrai que leur grande consommation de soja ne les expose pas plus aux cancers du sein qu’à la cellulite.

En revanche, il est maintenant confirmé que les « perturbateurs hormonaux » des matières plastiques, des pesticides, des détergents et lessives, des hydrocarbures, etc… ont des effets oestrogéniques capables de modifier la santé des populations. Voir les polluants alimentaires pour en savoir plus

Il est logique alors d’éviter ces polluants de l’alimentation moderne. D’ailleurs plusieurs pays ont décidé de réduire les toxiques dont des perturbateurs hormonaux des denrées alimentaires sur le marché. Evitez donc les emballages plastiques au contact prolongé des aliments, et privilégiez les aliments d’origine bio, moins chargés en pesticides et engrais chimiques.

Parfois le fonctionnement de la thyroïde est faible sans pour autant tomber dans la maladie qu’est l’hypothyroïdie. La combustion des calories peut alors être ralentie. Les algues alimentaires riches en iode peuvent être bienvenues dans ces cas.

Troubles circulatoires

On sait bien que les troubles circulatoires du bas du corps sont surtout liés à la sédentarité et au manque de marche à pied. Cependant, il y a des aliments bénéfiques pour les problèmes veineux, lymphatiques ou capillaires. En général, les aliments riches en flavonoïdes (des antioxydants) sont salutaires. Il s’agit de nombreux fruits rouges, du soja (encore), du thé vert, du raisin…

Les compléments alimentaires anti-cellulite

Les micronutriments essentiels (vitamines, minéraux, acides aminés et acides gras insaturés) ne sont utiles que si l’on en manque et si notre alimentation quotidienne n’en apporte pas assez. Les nutriments pouvant être impliqués dans les troubles liés à la cellulite sont : les vitamines A, C et E (antioxydantes), la vitamine B6, le sélénium, le fer, le zinc, l’iode, le potassium et le magnésium.

Les antioxydants, les omega 3, comme nous l’avons vu, les polyphénols pour leurs effets sur la circulation, et les draineurs en général, peuvent être intéressants. Certains acides aminés sont utilisés, notamment par les sportifs (L-carnitine, acides aminés ramifiés). Leur efficacité sur la cellulite est variable selon les études et les auteurs.

Conclusion

Il n’y a pas un aliment anticellulite mais des causes connues et contre lesquelles l’alimentation peut apporter sa part d’amélioration (et c’est une grosse part). Son efficacité est loin d’être négligeable. La condition est la régularité et les changements d’habitude durables. Il faut aussi savoir l’adapter à chaque cas particulier, comme toujours.

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* p.ex. étude rapport taille/hanches Barnaby Dixson, anthropologue néo-zélandais