grenade et fruits rouges

En médecine anti-âge, on cherche le plus souvent à préserver l’énergie et la vitalité le plus longtemps possible. Or, derrière ces notions assez vagues se cache un élément central, longtemps sous-estimé : la qualité de nos mitochondries que l’urolithine A peut améliorer.

Rénover ses mitochondries pour récupérer et préserver sa forme

Depuis une dizaine d’années, l’urolithine A est devenue une des molécules les plus étudiées pour agir sur la production d’énergie. Elle n’est ni un stimulant ni une hormone ni un simple antioxydant. Elle peut aider l’organisme à éliminer ses mitochondries vieillissantes pour en fabriquer des nouvelles, plus performantes.

Nous allons voir pourquoi ce mécanisme est crucial en anti-âge, ce que montrent réellement les études chez l’homme, comment l’urolithine A agit, où la trouver, comment l’utiliser intelligemment, et dans quels contextes elle peut devenir un véritable outil de longévité fonctionnelle.

Les mitochondries : le moteur caché de votre vitalité

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Chaque cellule de votre corps contient des centaines, parfois des milliers de mitochondries. Leur rôle principal est de produire l’ATP, la molécule qui permet à vos muscles de se contracter, à votre cerveau de fonctionner, à votre cœur de battre, et à votre métabolisme de s’adapter (voyez notre article sur mitochondries/énergie et vieillissement).

Lorsque ces mitochondries sont jeunes et fonctionnelles, tout semble « facile » : l’effort est mieux toléré, la récupération est plus rapide, l’énergie mentale est stable, le métabolisme s’adapte aux diverses situations. À l’inverse, lorsque leur qualité se dégrade, ce sont les premiers signes du vieillissement fonctionnel qui apparaissent : fatigue plus rapide, fonte musculaire progressive, perte d’endurance, récupération laborieuse, inflammations chroniques de bas grade

Avec l’âge, mais aussi sous l’effet du stress, du manque de sommeil, de la sédentarité, de l’excès calorique ou des maladies métaboliques, les mitochondries s’abîment. Elles produisent moins d’énergie et davantage de radicaux libres (oxydants). Non seulement elles fonctionnent moins bien mais elles s’accumulent dans les cellules.

En fait, l’organisme possède un système naturel de recyclage interne très sophistiqué : la mitophagie.

Mitophagie : le système de « nettoyage » des centrales énergétiques

La mitophagie est un processus par lequel les mitochondries défectueuses sont identifiées, démontées, puis remplacées par de nouvelles unités plus performantes. C’est comme une rénovation de notre système énergétique cellulaire.

On peut la comparer au fameux processus naturel d’autophagie (voir l’article), plus global, où la cellule va auto-détruire ses « pièces défectueuses » et ses déchets, pour se régénérer.

Chez les sujets jeunes et actifs, ce système fonctionne relativement bien. Avec l’âge, il se ralentit. Les mitochondries usées s’accumulent, la production d’énergie devient inefficace, et les tissus les plus demandeurs (muscles, cerveau, cœur) en paient le prix, tout comme nos défenses immunitaires.

Pendant longtemps, on pensait que seuls le sport intensif, le jeûne ou certaines restrictions caloriques pouvaient stimuler fortement ce mécanisme de régénération. En 2016, une équipe de chercheurs a mis en évidence qu’une substance issues de certains polyphénols alimentaires, l’urolithine A, était capable d’activer puissamment la mitophagie.

C’est une découverte majeure dans la recherche en longévité.

L’urolithine A : un postbiotique que vous fabriquez

L’urolithine A n’est pas présente directement dans les aliments. Elle est produite par certaines bactéries intestinales à partir de polyphénols particuliers appelés ellagitannins et acide ellagique.

Ces précurseurs se trouvent principalement dans :

– la grenade,
– les framboises et mûres,
– les noix,
– certains fruits rouges…

Après ingestion, ces composés arrivent dans le côlon, où certaines bactéries spécialisées les transforment en urolithine A. Le problème est que tout le monde ne possède pas ces bactéries. Selon les études, une partie importante de la population en produit très peu, voire pas du tout, même en consommant régulièrement ces aliments.

Deux personnes mangeant la même quantité de grenade peuvent donc avoir une production d’urolithine A totalement différente.

C’est pour cette raison que la recherche s’est rapidement orientée vers une forme supplémentée, apportant directement la molécule active, indépendamment de l’état du microbiote.

On parle ici de postbiotique : un métabolite bénéfique produit par les bactéries intestinales mais utilisable sous forme isolée (voir notre article sur les postbiotiques et leurs bienfaits).

Ce que montrent les études chez l’humain

L’un des grands intérêts de l’urolithine A est qu’elle ne repose pas uniquement sur des données animales ou cellulaires. Plusieurs essais cliniques solides ont été menés chez l’homme, ce qui est encore rare dans le domaine des suppléments anti-âge.

Amélioration de l’endurance musculaire chez les seniors

marche seniorsUne étude publiée dans JAMA Network Open a suivi des adultes âgés de 65 à 90 ans pendant quatre mois. Les participants recevaient soit un placebo, soit 1000 mg d’urolithine A par jour.

Les chercheurs ont mesuré l’endurance musculaire par des tests de contractions répétées jusqu’à fatigue, sur différents groupes musculaires. Résultat : le groupe supplémenté présentait une amélioration significative de la résistance à la fatigue, accompagnée d’une baisse de marqueurs inflammatoires et de biomarqueurs liés aux dégâts des mitochondries.

Ce type de résultat est particulièrement intéressant en médecine anti-âge car il correspond à une capacité fonctionnelle réelle, mesurable et utile dans la vie quotidienne.

Gains de force et d’endurance chez les adultes d’âge moyen

Une autre étude, publiée dans Cell Reports Medicine, a inclus des adultes d’âge moyen, en surpoids et peu entraînés. Pendant quatre mois, ils ont reçu soit un placebo, soit 500 mg, soit 1000 mg d’urolithine A.

Les chercheurs ont observé une augmentation moyenne d’environ 12 % de la force musculaire dans les groupes supplémentés, ainsi qu’une amélioration du VO₂ max et de la performance au test de marche de six minutes.

Ces bénéfices étaient associés à une diminution d’un marqueur plasmatique (acylcarnitines) signant une meilleure efficacité des mitochondries.

Sécurité et biodisponibilité

Avant toute utilisation large, un premier essai chez l’homme avait évalué la tolérance de l’urolithine A. Les résultats ont montré une excellente sécurité jusqu’à 1000 mg par jour, sans effets indésirables graves, et avec une absorption stable.

Des analyses musculaires ont même montré des modifications de l’expression des gènes, en faveur de la production d’énergie.

Que disent les revues scientifiques ?

Les revues systématiques récentes confirment un signal cohérent : réduction de l’inflammation de bas grade, amélioration de certains paramètres mitochondriaux, gains fonctionnels modestes mais réels sur la force et l’endurance.

Tous les paramètres ne sont pas améliorés dans toutes les études, ce qui est normal en recherche humaine mais la cohérence globale des résultats est remarquable pour un supplément alimentaire.

Alimentation ou supplémentation : que choisir ?

jus de grenade et urolithine complementEn théorie, une alimentation riche en grenade, noix et fruits rouges peut favoriser la production d’urolithine A. En pratique, cela reste très aléatoire et dépend du microbiote de chacun. Chez certains individus, avec une flore intestinale diversifiée, sans troubles digestifs, plutôt en forme… cette stratégie peut suffire. Chez d’autres, elle ne produit quasiment aucun effet mesurable.

Il faut savoir aussi qu’après la cinquantaine la capacité de transformation en urolithine A diminue avec l’avancée en âge.

Si vous avez les moyens, certains laboratoires d’analyses fonctionnelles proposent de vérifier votre flore intestinale pour voir si vous avez des bactéries productrices d’urolithine.

La supplémentation permet de s’affranchir de cette variabilité. Elle apporte une dose standardisée, reproductible, et comparable à celle utilisée dans les essais cliniques.

Dans une logique de médecine fonctionnelle et anti-âge, c’est souvent ce point qui fait la différence entre un simple « espoir nutritionnel » et un outil réellement utilisable.

Comment utiliser l’urolithine A en pratique

Les études humaines efficaces utilisent principalement des doses comprises entre 500 mg et 1000 mg par jour, sur des périodes de deux à quatre mois.

Dans une approche pragmatique, on peut retenir plusieurs principes.

D’abord, l’urolithine A n’est pas un stimulant. Il ne faut pas s’attendre à un effet immédiat. Les bénéfices apparaissent progressivement, au fil des cycles de renouvellement des mitochondries.

Ensuite, une durée minimale de 8 à 12 semaines est nécessaire pour observer un effet tangible.

Chez les seniors ou les personnes très sédentaires, la dose de 1000 mg est celle qui a donné les résultats les plus nets dans les études. Chez les adultes d’âge moyen actifs, 500 mg peut déjà être intéressant, surtout en association avec un programme physique et d’autres compléments utiles aux mitochondries (à choisir selon le cas).

Il est souvent pertinent de raisonner en « cures » de trois à quatre mois, éventuellement renouvelables une à deux fois par an, selon les objectifs.

Enfin, l’urolithine ne fait pas tout. Elle active la mitophagie mas il peut y avoir besoin d’autres soins pour optimiser le fonctionnement des mitochondries (comme expliqué dans cet article sur l’optimisation de énergie). Il n’y a jamais de remède « universel » ou « miracle ».

Quand l’urolithine A est-elle utile en anti-âge ?

L’urolithine A est intéressante lorsque l’objectif est de préserver ou restaurer l’état des grandes fonctions vitales par une relance de la production d’énergie.

Cela prend donc du sens lors des baisses de vitalité :

– après 40–50 ans, lorsque la récupération physique ou intellectuelle commence à ralentir,
– chez les personnes qui perdent progressivement de la force malgré une activité physique modérée,
– lors d’une reprise sportive après une longue période d’inactivité,
– en prévention de la sarcopénie (fonte musculaire),
– chez les sujets fatigués chroniques sans cause médicale évidente…

Vous pouvez évaluer votre niveau de production énergétique gratuitement avec notre bilan de forme en ligne ici.

Ce ne sera pas un « complément miracle » chez une personne jeune, très sportive, dormant parfaitement et mangeant de façon optimale. Dans ce cas, la mitophagie est souvent déjà bien stimulée naturellement.

L’approche synergique : la clé des résultats durables

L’urolithine A fonctionne beaucoup mieux lorsqu’elle s’intègre dans une stratégie globale où il faut évaluer l’état de la production d’énergie par les mitochondries, les éventuelles carences, les blocages, etc…

Ensuite, le premier pilier est l’entraînement musculaire régulier, deux à trois fois par semaine. C’est le stimulus le plus puissant pour renouveler les mitochondries.

Le deuxième pilier est l’exercice d’endurance modérée, dite « zone 2 », qui favorise la fabrication des nouvelles mitochondries.

Le troisième pilier est l’apport protéique suffisant, indispensable pour reconstruire les tissus.

Le quatrième pilier est le sommeil, sans lequel aucun processus de réparation ne fonctionne correctement.

Dans ce contexte, l’urolithine A agit comme un amplificateur biologique, facilitant le renouvellement qualitatif du système énergétique.

Tolérance et précautions

À ce jour, les essais cliniques montrent une excellente tolérance jusqu’à 1000 mg par jour sur plusieurs mois.

Par principe de prudence, on évitera son utilisation pendant la grossesse et l’allaitement, faute de données.

Chez les personnes souffrant de pathologies lourdes, sous traitements complexes, ou présentant des atteintes hépatiques ou rénales sévères, un avis médical reste recommandé.

Dans la grande majorité des cas, chez l’adulte en bonne santé, l’urolithine A présente un profil de sécurité favorable.

L’urolithine A mérite sa place en anti-âge

L’urolithine A est l’un des rares compléments anti-âge reposant sur un mécanisme fondamental, documenté, et validé chez l’homme : la mitophagie.

Elle ne promet pas l’immortalité, ni un rajeunissement spectaculaire. En revanche, elle agit sur un déterminant central du vieillissement : la qualité de la production d’énergie cellulaire, en favorisant le nettoyage et le renouvellement des mitochondries.

Elle peut donc contribuer à préserver la force, l’endurance, la récupération et la résilience physiologique. C’est déjà beaucoup, même si cela ne règle pas les carences en nutriments ou les blocages des mitochondries, qu’il faut évaluer (et éventuellement traiter) par ailleurs.

Utilisée intelligemment, en association avec l’activité physique, une alimentation adaptée et un bon sommeil, elle devient un véritable outil de longévité fonctionnelle, orienté vers ce qui compte vraiment : rester autonome, énergique et performant le plus longtemps possible.

Pour évaluer votre niveau de production énergétique gratuitement voyez ce bilan de forme en ligne.

  1. Ryu D et al. Urolithin A induces mitophagy and prolongs lifespan. Nature Medicine, 2016.
  2. Andreux PA et al. The mitophagy activator urolithin A is safe and induces mitochondrial gene expression. Nature Metabolism, 2019.
  3. Liu S et al. Effect of Urolithin A Supplementation on Muscle Endurance. JAMA Network Open, 2022.
  4. Singh A et al. Urolithin A improves muscle strength and exercise performance. Cell Reports Medicine, 2022.
  5. Kuerec AH et al. Targeting aging with urolithin A in humans. Ageing Research Reviews, 2024.
  6. Liu S et al. Urolithin A supplementation and inflammation markers. Clinical Nutrition, 2023