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Le taux de calcium dans le sang est maintenu dans des limites de valeurs
très étroites et ce aux détriments des réserves osseuses. Ainsi, l'impact
d'un régime n'apportant pas suffisamment de calcium (alimentation carencée),
n'est apparent que lorsque surviennent des modifications au niveau de l'os
(mauvaise constitution osseuse chez le jeune, décalcification chez l'adulte
et la personne âgée).
A tout âge, il est donc indispensable d'assurer une couverture permanente
et suffisante des besoins en calcium et, avoir des apports alimentaires
proches des valeurs des apports conseillés y contribue. Ceci est
particulièrement vrai, au moment où se met en place le capital osseux
maximal imposé par l'héritage génétique (pendant l'enfance et
l'adolescence), et au moment où survient l'inévitable vieillissement
physiologique de l'os, de manière à réduire le risque de survenue de
l'ostéoporose au cours des âges tardifs. Au sein de la population française,
les pourcentages d'individus ne consommant pas les 2/3 des ANC en calcium
(individus à haut risque d'ostéoporose) sont relativement élevés : environ
20% des hommes de 18 à 65 ans, 30% des adolescents et des femmes de 18 à 50
ans, 50% des hommes de plus de 65 ans et 75% des femmes de plus de 55 ans !
Même si les apports en calcium jouent un rôle considérable dans la
réduction du risque d'ostéoporose, il est indispensable d'avoir également
recours à d'autres moyens de prévention ayant prouvé leur efficacité : les
apports en vitamine D (qui favorise l'absorption intestinale du calcium), le
traitement hormonal à la ménopause et l'activité physique.
L'intérêt de plus en plus démontré des apports en calcium dans la
réduction du risque d'hypertension artérielle, de cancers du côlon et de la
prostate plaide également en faveur d'une alimentation calcique convenable.
Le lait et les produits laitiers (fromages et laitages) constituent nos
premières sources alimentaires de calcium (plus des 2/3 du calcium que nous
consommons). Toutefois, il faut prendre en compte la grande diversité de la
teneur en calcium des fromages. Certains légumes à feuilles vertes, les
fruits secs et quelques eaux minérales sont également des sources non
négligeables de calcium. Un régime sans produits laitiers ne fournit pas
plus de 500 mg de calcium par jour.
Le saviez-vous ?
L'os est un tissu vivant qui se forme et se dégrade tout au long de notre
existence. Ce phénomène permet de remplacer l'os ancien par de l'os jeune et
de réparer les différents dommages subis par l'os.
Au cours des 20 premières années de vie, l'activité de formation est plus
élevée que celle de dégradation ce qui conduit à l'acquisition et la
consolidation du capital osseux. Puis à partir de 30 ans une perte osseuse
physiologique et inévitable apparaît (la formation étant insuffisante pour
compenser la dégradation) suivie d'une amplification à partir de 50 ans chez
la femme et à partir de 60 ans chez l'homme, ce qui constitue un terrain
favorable pour le développement de l'ostéoporose.
L'ostéoporose (littéralement "os poreux") est l'une des pathologies
chroniques invalidantes du 3è âge. Elle résulte d'une accentuation
pathologique du vieillissement physiologique de l'os et est caractérisée par
une masse osseuse très faible et une dégradation de la structure de l'os.
Ses manifestations les plus connues sont les tassements vertébraux, les
fractures du poignet et celles de la hanche (col du fémur).
Nous ne sommes pas tous égaux devant cette pathologie : elle est 3 fois
plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. De fait, entre 30 et 80
ans les femmes ont perdu en moyenne 45% de leur capital initial alors que
cette perte osseuse n'est que de 15-20% chez les hommes, différence en
relation avec la carence œstrogénique à partir de la ménopause.
En raison du vieillissement de plus en plus prononcé de la population des
pays industrialisés, le nombre de fractures dues à l'ostéoporose, environ
140 000 par an, pourrait tripler avant un demi siècle. De plus, la mortalité
(40% de décès tous sexes confondus dans les 2 ans suivants la fracture)
ainsi que le coût socio-économique (4-7 milliards de francs par an) associés
indiquent à quel point la prévention de cette pathologie constitue un enjeu
de santé publique. Cette prévention passe par des apports alimentaires
suffisants et réguliers en calcium et en vitamine D, une activité physique
régulière, une réduction de la consommation de tabac et d'alcool et chez les
femmes un traitement hormonal substitutif dès le début de la ménopause.
Apports nutritionnels conseillés en calcium pour la population française
(Tec & Doc Lavoisier 2000)
|
Tranche d'âge
|
Apports conseillés (mg/jour)
|
|
Enfant 1–3 ans |
500 |
| Enfant 4-9 ans |
800 |
| Adolescent 10-18 ans |
1200 |
| Adulte au delà de 18
ans |
900 |
| Femme au delà de 55
ans |
1200 |
| Homme au delà de 65
ans |
1200 |
| Femme enceinte (3è
trimestre) ou allaitante ou après allaitement |
1000 |
Sources alimentaires de calcium (Ciqual, Tec & Doc Lavoisier 2000)
| Produits |
mg de calcium |
| Produits laitiers |
/ 100 g |
| fromages à pâte
pressée cuite (emmenthal, comté, beaufort) |
1000-1250 |
| fromages à pâte
pressée non cuite (tomme, cantal, pyrénéens) |
550-1000 |
| fromages à pâte
persillée (bleu, roquefort) |
500-700 |
| fromages à pâte molle
à croûte lavée (munster, reblochon) ou fleurie (camembert, brie) |
200-700 |
| fromages fondus |
250-500 |
| fromages de chèvre |
75-200 |
| fromages blancs, crème
fraîche |
75-100 |
| yaourt |
150 |
| lait de vache |
120 |
| Autres aliments |
/ 100 g |
| fruits secs (amandes,
noisettes, figues), cresson |
200 |
| légumes secs (haricot,
fève) |
150 |
| chocolat, moules,
crevettes |
100 |
| légumes verts (chou,
poireau, brocoli) |
60 |
| Boissons |
/ L |
| eau minérale très dure
(Contrex, Talians) |
430-600 |
| eau minérale dure
(Badoit, Perrier) |
150 |
| eau d'Evian |
75 |
source AFSSA
Notre avis:

Il existe une polémique avec des études contradictoires :
certains auteurs affirment que le calcium des produits laitiers est mal
assimilable et réduit la vitamine D, alors que le calcium des végétaux
serait bien stocké dans notre corps. Des études montrent que la consommation de produits
laitiers n'empêche pas l'ostéoporose, d'autres disent que le calcium du lait
est bien assimilé...
Si les fromages sont effectivement riches en calcium, ceux-ci, et les
produits laitiers en général, ne sont pas forcément bien digérés par tout le
monde. Dans ce cas le calcium peut être trouvé dans les légumes et légumes
secs, algues, fruits et fruits secs... dans des quantités tout à fait
correctes.
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