Pourquoi la fatigue s’installe avec l’âge ?

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femme très fatiguée

Avec le temps, notre production d’énergie baisse et la fatigue est plus présente. Il est pourtant possible d’agir en aidant nos cellules à rebooster leurs petites centrales énergétiques : les mitochondries.

Mais pour cela, il faut comprendre un peu comment ça marche…

Ce manque d’énergie est aggravé par nos piètres habitudes alimentaires, le surmenage, la sédentarité et la pollution environnante. Tout ceci agit au niveau cellulaire, dans nos mitochondries.

Tout fonctionne alors moins bien dans notre corps. La fatigue se fait ressentir : on n’a pas assez d’énergie pour faire ce que l’on veut. Puis, s’installe une prédisposition aux maladies liées au vieillissement (Parkinson, Alzheimer, diabète, athérosclérose…) et aussi d’autres affections comme la stéatose hépatique non alcoolique, la sarcopénie, le syndrome de fatigue chronique, la fibromyalgie…

Heureusement, on connait de mieux en mieux le travail des mitochondries et les moyens de préserver et restaurer leur production d’énergie comme nous le verrons.

Nos mitochondries fabriquent notre énergie : l’ATP

Ces petites « chaudières » sont des organes de nos cellules. Elles brûlent des sucres ou des graisses pour fabriquer de l’ATP, le carburant de nos cellules. Notre corps produit 40 à 50 kilos d’ATP par jour, voire plus ! Nos muscles en utilisent la plus grande partie. Pour être en forme, il nous faut donc beaucoup d’ATP.

Cellule et mitochondries

Des mitochondries dans une cellule (9) (wikipedia)

Les 2 voies de production d’énergie

La voie « anaérobie » utilise le sucre stocké dans nos muscles et notre foie (glycogène) mais n’a pas besoin d’oxygène. Utile en début d’effort, elle est peu performante en production d’énergie.

La voie « aérobie » utilise l’oxygène apporté par notre respiration pour « brûler » des sucres ou des graisses. La production d’énergie se fait selon le fameux « cycle de Krebs« , beaucoup plus efficace.

Il s’agit de 8 réactions chimiques successives, en boucle. Pour que chaque étape se passe bien, certains nutriments sont indispensables (minéraux, coenzymes, vitamines). S’ils manquent, cela va perturber la production d’énergie. En particulier, le magnésium (bien connu contre la fatigue) est très impliqué, ainsi que des vitamines du groupe B et des coenzymes (surtout coenzyme Q10 et NAD+).

Vous l’avez compris, ici, la 2° voie est plus intéressante. Il faudra donc l’optimiser en veillant à de bons niveaux de nutriments et coenzymes et bien sûr, d’oxygène dans notre sang.

Nos réserves en énergie

Nos muscles stockent de l’ATP utilisable instantanément mais cela nous permet seulement de courir sur 60 mètres par exemple. Ensuite, notre corps doit renouveler cet ATP et donc, en produire.

Nous avons déjà vu le glycogène stocké dans nos muscles et dans notre foie. Elle produira de l’énergie en début d’effort car la voie aérobie qui utilise l’oxygène, met plus de temps à être efficace (25 à 30 minutes).

La combustion des acides gras se fait aussi à partir de ce laps de temps. C’est alors que la production d’énergie est maximale et que notre silhouette s’améliore… Il faudra donc la favoriser.

Quand la mitochondrie est fatiguée

Les causes de faiblesse

Après 35 ans, nos mitochondries sont moins performantes. A 70 ans, elles pourraient avoir perdu près de 50% de leur performance (étude du Pr Conley en 2000 de l’University of Washington Medical Center).

Le Pr Bruce Ames, de Berkeley Californie, spécialiste du stress oxydatif et des mitochondries, a montré comment le vieillissement est lié à l’oxydation des mitochondries et aux dégâts accumulés sur celles-ci.

Voici les causes principales :

  • Les produits toxiques accumulés (métaux lourds, chimie, médicaments…)
  • Mauvaise circulation sanguine et/ou mauvaise respiration qui mènent à une mauvaise oxygénation sanguine.
  • Le stress (qui consomme magnésium et vitamines B) et la pollution électromagnétique (rayonnements et ondes en tous genres).
  • Des problèmes hormonaux comme le ralentissement des glandes thyroïde ou surrénales ou un excès de production d’insuline favorisée par la consommation de sucres dit « rapides » (à index glycémique élevé).
  • Une oxydation trop importante et mal gérée par nos défenses (stress oxydant) va provoquer des dommages sur l’ADN mitochondrial.
  • Un stade avancé de déséquilibre de la flore intestinale : avec production trop importante de sulfure d’hydrogène (H²S à l’odeur d’œuf pourri) empêchant la respiration mitochondriale et bloquant la production d’énergie.

Les effets de la baisse de production d’ATP

homme avec grosse fatigueQuand la production d’énergie ne fonctionne plus bien, on ressent une baisse de vitalité, la fatigue s’installe (même au réveil), des douleurs, une mémoire défaillante… et le vieillissement s’accélère.

Si la production aérobie (avec l’oxygène) est mauvaise, alors la voie anaérobie est employée. Elle produit de l’acide lactique en déchet, qui peut entraîner douleurs et/ou crampes musculaires.

Vos mitochondries fonctionnent elles bien ?

Les examens de laboratoires concernés

Il existe des examens permettent de mesurer divers degrés d’oxydation dans notre corps et d’avoir une idée sur les dégâts subis par nos mitochondries. Il faut savoir que ces dosages sont délicats à cause de la difficile conservation des prélèvements. Ils sont réalisés par des laboratoires spécialisés pour la plupart. Néanmoins, ceux écrits en gras sont assez fiables :

  • Oxydation de l’ADN : 8-hydroxy-désoxyguanosine urinaire (8ohdG)),
  • Oxydation des lipides (malonyl-dialdéhyde (MDA), F2-isoprostanes,…),
    protéines (LDL oxydées et anticorps anti-LDL oxydées, protéines carbonylées…)

Il est aussi possible de doser le magnésium, le zinc et les vitamines B (et encore, les hormones thyroïdiennes et surrénales) pour savoir si leurs niveaux sont corrects.

Eliminer les autres causes de la fatigue

Bien entendu, la fatigue peut être aussi causée par des problèmes de santé. Il faut donc, avant tout, s’assurer qu’elle n’est pas la conséquence de maladies comme :

  • les problèmes hormonaux, surtout thyroidiens ou surrénaliens.
  • l’apnée du sommeil (ou d’autres problèmes de sommeil)
  • Infections chroniques (sinusienne, gynécologique, urinaire ou digestive…)
  • les maladies lourdes comme le cancer, le diabète, l’insuffisance cardiaque
  • l’anémie
  • la dépression nerveuse, etc…

ou d’une mauvaise hygiène de vie :

  • des carences nutritionnelles (manques de vitamines, minéraux, acides aminés…)
  • l’alcoolisme
  • tabagisme excessif, intoxication par des produits toxiques…

Une fois ces causes éliminées, on peut s’attaquer à la fatigue qui s’installe progressivement avec l’âge, en revigorant nos mitochondries.

Alors comment faire ?

Lisez la suite : Comment chasser la fatigue qui s’installe avec l’âge ?

– Shoffner J., Lott, Voljavec A. et al., Spontaneous Kearns-Sayre/chronic external ophthalmoplegia plus syndrome associated with a mitochondrial DNA deletion: a slip-replication model and metabolic therapy, Proc. Natl. Acad. Sci. USA, 1989, 86:7952-56.
– Cohen B., Gold D., Mitochondrial cytopathy in adults: What we know so far, Cleveland Clinic. J. Medicine, 2001, 68:7,625-642.
– Hansford R., Naotaka T., Pepe S., Mitochondria in heart ischemia and aging, Biochem Soc. Symp., 1999, 66:141-147.
– Pepe S., Mitochondrial Function in ischemia and reperfusion of the ageing heart, Clin. Exp. Pharmacol. Physiol., 2000, 27(9),745-750.
– Sugrue M., Tatton W., Mitochondrial membrane potential in aging cells, Biol. Signals Recept., 2001, 10:3-4,176-188.
– Mittendorfer B., Klein S., Effect of aging on glucose and lipid metabolism during endurance exercise, Int. J. Sport Nutr. Ex. Metab., 2001, 11 (Suppl), S86-S91.
– Lu J., Chen C., Xu H. et al., Effects of prolonged physical training on antioxidation in aged mice myocardial mitochondria, Tianjin Tiyu Xueyuan Xuebao, 1999, 14 (2), 23-25.
– Sastre J., Pallardo F., De la Asuncion J., Vina J., Mitochondria, oxidative stress and aging, Free Radical Res., 2000, 32:(3),189-198.

2 Commentaires

  1. Laurent 30/09/2016 à 10 h 06 min␣- Répondre

    Cet article est très intéressant, on dit toujours « je suis fatigué » mais on ne sait jamais pourquoi!, ce texte nous en dit pas mal sur les cellules de notre corps, que je méconnaissais d’ailleurs, un grand merci, continuez à écrire des articles aussi intéressant que celui-ci.

  2. MOLIARD 06/11/2016 à 16 h 26 min␣- Répondre

    Très bien

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