Perturbateurs endocriniens et anti-âge

Des effets qui s'accumulent au fil des années

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crèmes solaires

Plus l’âge avance et plus le corps accumule et subit l’effet des toxiques. Parmi ceux-ci, les perturbateurs endocriniens occupent une place prépondérante, au point d’être aujourd’hui une priorité pour les organismes de santé publique.

Hormones, glandes endocrines et perturbateurs endocriniens

Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances de synthèse, parfois naturelles, qui, lors d’expositions répétées, modifient l’homéostasie du corps (son équilibre) et notamment les équilibres hormonaux. C’est pourquoi on les appelle aussi des «xéno-hormones ». Ils miment, bloquent ou modifient l’action des hormones en interférant avec leur métabolisme. Ce sont des « leurres hormonaux ».

Les effets nocifs des PE touchent les  personnes exposées mais aussi leur descendance comme le rappelle l’IPCS (le Programme International sur les Substances Chimiques des Nations Unies).

Les hormones, leur surproduction ou sous-production, sont responsables de notre santé, de notre bien être, de notre humeur mais aussi du vieillissement, de maladies dégénératives, de surpoids, de stress, d’anxiétés, d’addictions,….

Ces hormones sont produites par des glandes dites endocrines, c’est-à-dire qui libèrent leurs produits dans le sang. Ce sont ces glandes qui sont la cible des perturbateurs endocriniens.

glandes endocrines

Pour agir, les hormones se fixent sur un « récepteur », comme une clé se fixe dans une serrure pour ouvrir une porte. Quand un produit chimique perturbateur endocrinien se fixe sur ce même récepteur, la clé rentre dans la serrure, mais la porte ne s’ouvre pas, ce qui va perturber la physiologie, par suppression de la réponse biologique concernée.

Ces récepteurs hormonaux sont bien connus dans le monde scientifique. Ils se trouvent en général à la surface du noyau de la cellule.

La plupart du temps ces perturbateurs endocriniens  sont issus de substances chimiques fabriquées par l’homme, qui induisent plus particulièrement des altérations de la fonction de reproduction et des fonctions thyroïdienne et surrénale.

Ces PE peuvent agir de deux manières différentes :

– par « imitation » en se liant aux récepteurs à la place des vraies hormones

– par « blocage » hormonal en empêchant les hormones naturelles de se lier aux récepteurs.

Où trouve-t-on ces perturbateurs endocriniens ?

On les trouve tout d’abord dans des produits de synthèse fabriqués par l’homme. Parmi les plus de dix millions de produits chimiques qui ont été créés, environ cent mille sont utilisés à des fins commerciales. Certains sont maintenant interdits, d’autres encore utilisés.

L’analyse du contenu des sacs d’aspirateurs ménagers montre que les poussières domestiques contiennent des substances telles que des phtalates, des composés organo-stanniques, des paraffines chlorées qui entrent dans la composition des PVC, du caoutchouc, des peintures et des plastiques, montrant qu’ils sont omniprésents dans nos maisons. Certains sont des perturbateurs avérés, d’autres des perturbateurs suspectés. La liste est longue…

Les principaux perturbateurs hormonaux

 Pesticides, antiseptiques et conservateurs

  • Des pesticides (insecticides, herbicides, fongicides) : organochlorés (interdits dans l’agriculture mais pas ailleurs), des organophosphorés, des pyréthrinoïdes. Le chlordécone, par exemple, occasionne des atteintes neurologiques et oligospermie ; ce pesticide est encore présent dans les sols de Guadeloupe malgré son interdiction. Le DDE, un métabolite du DDT, altère le métabolisme du calcium et des prostaglandines. Bien qu’interdit en 1971, on retrouve encore le DDT et ses métabolites dans l’environnement.
  • Des antibactériens, anti-tartre, (triclosan) encore présents dans certains détergents, lingettes, désodorisants, savons, dentifrices, crème à raser. Il peut perturber le fonctionnement de la thyroïde. Ils ont aussi une activité ostrogénique ou androgénique.
  • Les parabènes (ou para amino benzoates de méthyle, de butyle…) : ce sont des conservateurs utilisés en cosmétique. Ils perturbent le système endocrinien en se comportant dans le corps comme des œstrogènes. De plus, on sait que le butyl parabène est grandement lié aux altérations de l’ADN des spermatozoïdes chez les hommes rencontrant des problèmes d’infertilité.

Composants de matières plastiques

  • plastiques alimentairesLe bisphénol A : composant des plastiques alimentaires (biberons, revêtement canettes et conserves, ciments dentaires). Le bisphénol A a été utilisé au départ en laboratoire comme substitut de l’œstrogène, mais lorsqu’on a découvert qu’il pouvait aider à produire des plastiques rigides et transparents, sa fabrication commerciale a explosé. La production annuelle est évaluée aujourd’hui à plus de trois millions de tonnes. Les grandes inquiétudes associées au bisphénol A concernent son imitation de l’action de l’œstrogène qui conduit à des altérations des organes de reproduction masculins, induit la puberté précoce et pourrait être liée au développement de l’obésité. Les alternatifs bisphénols S ou F ne résolvent pas ces problèmes.
  • Les phtalates : assouplissants des plastiques, emballages utilisés en cuisine, jouets, produits cosmétiques et de soin (fragrances, déodorants), revêtements médicaments, savons… Les phtalates sont une famille de composés chimiques surtout destinés à des usages industriels. Bons véhicules de fragrances, ils sont aussi responsables des odeurs des parfums. On les détecte aussi dans l’urine, le lait maternel, le liquide amniotique et le cordon ombilical. Les phtalates sont fortement soupçonnés d’avoir des effets toxiques sur le développement de même qu’une incidence sur le cancer des testicules, sur certaines malformations de l’appareil génital mâle, sur la réduction de la fertilité et sur le décès de fœtus. Chez les femmes, les phtalates stimulent au contraire le développement sexuel entrainant une puberté plus précoce.

Produits ajoutés aux matériaux domestiques

  • Des polychlorobiphényles ou PCB, utilisés en tant que lubrifiants, adhésifs, encore dans certains transformateurs. Ils ont longtemps été utilisés dans les réfrigérateurs, les transformateurs et les condensateurs électriques. Ils sont encore présents dans l’environnement malgré leur interdiction et responsables d’interdiction de la pêche dans plusieurs fleuves à cause de leur rémanence.
  • Des composés perfluorés ou PFC que l’on retrouve dans les revêtements antiadhésifs comme le téflon et dans certains vêtements imperméables, tissus et tapis résistants aux taches, à l’huile, certaines cires des insecticides.
  • Des composés polybromés (ou PBDE) qui sont des « retardateurs de flamme », des ignifugeants, que l’on retrouve dans de nombreux mobiliers pour retarder la propagation d’un incendie (literie, canapé, habitacle auto, informatique…), dans les appareils électriques comme les boîtiers de téléphone, les séchoirs à cheveux et les téléviseurs, les ordinateurs, les systèmes ’éclairage, la rembourrure des meubles et des tapis.
  • Des alkylphénols, agents tensioactifs que l’on retrouve dans certains vêtements, adjuvants de formulation de pesticides et autres produits agricoles, peintures à l’eau, pneus, adhésifs, papier carbone et caoutchoucs haute performance ainsi que dans certains produits nettoyants corps et cheveux, mousse à raser et produits coiffants.
  • Des composés organostaniques (qui contiennent de l’étain) comme le TBT ou tributyl étain,  utilisés comme  biocides ou jadis comme peintures anti-salissures, anti-moisissures), papier, cuir, textile, et que l’on mesure toujours dans l’environnement malgré leur interdiction partielle.

Les métaux lourds

  • Le mercure, en plus d’être neurotoxique et génotoxique, est aussi un perturbateur endocrinien (sous sa forme méthylée).
  • Le cadmium a des effets ostrogéniques à de très faibles doses. Son rôle a été identifié dans le cancer du sein.
  • Le plomb: Outre le saturnisme, le plomb est un PE reconnu occasionnant des troubles de la fertilité, des fausses couches, une altération du sperme ; il possède une action oestrogénique.

Autres

  • Des dioxines, furanes, hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) provenant de la combustion ou de l’incinération de matières organiques.
  • Les éthers de Glycol, le phenoxyéthanol, sont des agents conservateurs.  Une évaluation de l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament) a montré qu’il existait des risques pour la reproduction. Une recommandation à été transmise à la Commission Européenne en vue de faire interdire cette substance dans les produits destinés aux moins de 3 ans (en particulier dans les lingettes pour bébé). Selon certaines études, plus de 60 % des cosmétiques conventionnels contiennent de potentiels perturbateurs endocriniens comme le triclosan, et certains parabènes. L’ EDTA, présent dans les cosmétiques et l’industrie alimentaire en tant que conservateur, est un « chélateur » qui fixe les métaux lourds et favorise leur biodisponibilité.
  • médicaments hormonescertains médicaments (hormones de synthèse). Le cas du diéthylstilbestrol ou DES, médicament conçu dans les années 1940 pour éviter les avortements spontanés, a occasionné des malformations  congénitales et des cancers. Il a été interdit dans les années 1970. Des PE sont encore utilisés en tant que régulateurs hormonaux (hormones de synthèse). On retrouve malheureusement ces médicaments dans l’eau potable, les stations de purification ne permettant pas de les éliminer. L’œstradiol (contraceptif oral) est un PE très puissant.

Il est impossible de les lister toutes car au total, 600 substances artificielles, susceptibles de perturber le système endocrinien, ont été inscrites dans la liste prioritaire de l’Union Européenne. Nombre d’entre elles font partie de ce que l’on appelle les polluants organiques persistants (POP). Il est vraisemblable que de nombreuses autres substances ne sont pas encore prises en compte, faute de données suffisantes.

Certaines plantes ont aussi une action sur le terrain hormonal comme le soja, la sauge, le yam, etc… Nous préférons ne pas les classer ici en PE et en parlons dans d’autres articles où il est possible de les utiliser pour justement compenser les baisses hormonales liées à l’âge.

Et le tabac ?

En dehors des métaux lourds et des hydrocarbures présents dans la cigarette, la nicotine est connue pour imiter l’action des hormones en plus d’être neurotoxique. De plus, la nicotine stimule la libération d’ «endorphines » dont l’effet est très court, ce qui oblige le fumeur à « se recharger » à intervalles réguliers et donc à s’exposer de plus en plus.

Et l’alcool ?

L’alcool en excès stimule les récepteurs hormonaux et est susceptible d’intervenir dans certains cancers hormono-dépendants. L’alcool réduit aussi l’effet de la leptine, l’hormone « de la satiété ». Cette hormone est stockée dans les graisses et l’alcool ralentit leur combustion. A cela s’ajoute les effets délétères directs (cancers, cirrhose, HTA et maladies cardiovasculaires).

Quid des recommandations ?

Les perturbateurs endocriniens sont omniprésents dans la vie de tous les jours. Qu’ils pénètrent dans notre organisme par ingestion, contact ou inhalation, ils agissent à des doses infinitésimales.

Ils sont souvent difficiles à être neutralisés par notre corps car nos systèmes de détoxication ne sont pas habitués à éliminer ces produits de synthèse pour la plupart.

Sans tomber dans la paranoïa, la meilleure solution consiste donc à éviter au maximum l’exposition aux PE. Quelques « réflexes » de la vie courante peuvent nous aider à vivre plus longtemps et à limiter les effets indésirables sur notre terrain hormonal, fragile au fil des années.

Pour accéder à ces recommandations, nous engageons le lecteur à lire l’article qui suit : « Savez-vous éviter ces perturbateurs hormonaux ?»

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